006 – Sarah Ferdjani de TALOWA sur EntrepreneurEnAction

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Bonjour chers amis entrepreneurs et aspirant entrepreneur et bienvenue sur EntrepreneurEnAction.com, où je discute avec les entrepreneurs africains qui évoluent et s’en sortent en Afrique. Vous pouvez accéder à notre site web en tapant entrepreneurenaction.com ou eeaction.com alors préparez-vous à l’action. C’est avec plaisir que je me présente Corneille TOWENDO  fondateur et hôte d’EntrepreneurEnAction et je suis très heureux d’introduire notre invité d’aujourd’hui Sarah Ferdjani.

Corneille TOWENDO : Alors, Sarah Ferdjani, êtes-vous prête à motiver et à inspirer nos entrepreneurs et aspirant entrepreneurs à l’action ?

Sarah FERDJANI : Yes café. Ouais.

Corneille TOWENDO : Âgée de 31 ans, Sarah est née au Niger, de père Algérien et de mère Nigérienne. Jusqu’à l’âge de 18ans, Sarah a vécu en Afrique de l’ouest particulièrement en Guinée, au Niger et au Burkina. Elle a obtenu un Bachelor in Business Administration aux Emirats Arabes Unis et deux ans plus tard elle a obtenu un MBA à Beijing en Chine. Elle a créé TALOWA, une marque de produits capillaires et corporelles 100 % naturelles. La marque a été créée en 2014 en partenariat avec son amie Manoli EKRA de la Cote d’ivoire. Les deux co-fondatrices de TALOWA se sont rencontrées au Niger et ont décidées de créer leur propre marque de produits de beautés naturelles faites à partir de matières premières locales et adaptés aux besoins des consommateurs africains avec des produits qui soit adaptés à leur peaux, à leurs cheveux,  leur visage et s’inspirant de recettes ancestrales et du savoir-faire local. Elles sont basées à Niamey et à Abidjan et ont développés des partenariats au Togo, au Burkina Faso et ont des visions pour les autres pays de l’Afrique de l’Ouest et à l’international.

Alors Sarah Ferdjani, prenez une minute et compléter l’introduction que j’ai donné de vous et donner nous un petit aperçu de votre vie personnelle.                                                                                                                                                        

Sarah FERDJANI : D’accord oui ! Donc, jusqu’à l’âge de 18 ans j’ai vécu en Afrique de l’Ouest. Donc voilà j’ai fait mon lycée au Burkina Faso et avant ca voilà, je suis née au Niger mais j’ai été en Algérie quelques années. Donc voilà j’ai un peu fait le tour. Quand j’ai fait mon Bachelor aux Emirats, j’ai profité aussi pour travailler. J’ai fait 4 ans à Dubaï, c’est une de mes villes préférées, et j’ai un peu travaillé dans la communication et dans l’évènementiel là-bas. Donc ça c’était quand je venais tout juste de finir et après je suis retournée vivre au Burkina. C’est pour ça que j’ai dit qu’il y a eu une phase de 2 ans où j’ai commencé à travailler. Et au Burkina, je travaillais dans une boite de distribution Burkinabé. D’abord j’étais stagiaire, ensuite j’ai été recrutée en assistante en Marketing et après ces deux ans justement j’ai voulu compléter avec un master donc et là j’ai décidé d’aller en Chine. Pourquoi la Chine ? Je ne voulais pas aller en Europe, je voulais ne pas aller aux Etats unis et je voulais découvrir. D’abord je voulais aller à Singapour mais j’ai eu des soucis bizarres et finalement ça a été la Chine donc voilà j’ai passée deux ans et demi, j’ai des bases de chinois, chinois de la rue. Je ne vais pas vous mentir mais c’était une expérience unique ça c’est sûr. Et après, je suis revenue sur le continent africain et depuis je roule ma boss au Niger et un peu partout en Afrique de l’Ouest.

Corneille TOWENDO : Alors, parlez-nous un peu plus de TALOWA?talowa-250

Sarah FERDJANI : Humm TALOWA, l’aventure TALOWA, elle a débuté par le plus grands des hasards il y a à peu près un an et demi, j’étais au Niger, j’ai créé cette marque avec ma partenaire qui s’appelle Manoli EKRA, qui est d’origine Ivoirienne et comment on s’est rencontrée ? Ben, elle vivait au Niger en  tant que consultante a Oxfam, et moi je travaillais parallèlement au PAM (Programme Alimentaire Mondiale) et voilà, c’est dans le milieu des ex pats, des ONG qu’on s’est rencontrée on est devenu de très bonnes amies et on avait des goûts en communs et notamment la passion pour la cosmétique naturelle. Donc moi disons, c’était un peu mon hobby à la maison et je pense aussi mes traditions et mes origines font que j’aime bien toucher tout ce qu’il y a dans la cuisine, faire des recettes de grands-mères, j’aimais bien ça, c’était économique et ça me passait le temps parce que je m’ennuyais. Et elle, elle était un peu plus sophistiquée que ça, elle aimait donner des conseils, elle faisait des routines mais elle n’avait pas vraiment ce côté je mélange tout, je vois tout. Mais elle avait ce côté assez organisé, donner des conseils et tout ça. Donc voilà on aimait bien faire ça ensemble, on se donnait des astuces et au fur et à mesure on a créé notre marque. Comment ça s’est fait ? En fait c’était une frustration mutuelle du fait qu’on avait une passion pour tout ce qui est naturelle et l’amour du local. Et ça nous faisait une peine de voir qu’on avait toutes ces ressources gâchées ou alors des marques étrangères qui se les appropriaient, s’appropriait des recettes et des vertus qui ne viennent pas de chez eux mais pourtant ils le vendent et le surconsomment bref et nous on est là, on est des africains et honte à nous, on consomme des produits de chez nous mais qui sont pas fait par nous c’est comme ça qu’est né le projet. Et TALOWA ça vient du baoulé qui veut dire jolie jeune fille. L’idée c’était la belle fille, la femme africaine qui est belle tel qu’elle est et qui utilise africain et puis elle est contente. Donc voilà !

Corneille TOWENDO : Ben j’espère que vous êtes aussi inspiré par l’introduction que Sarah vient de donner de TALOWA et on va commencer avec une première question, idéalement comment passez-vous vos matinées, Sarah ?

Sarah FERDJANI : Comme je le disais, je travaille à temps plein donc comment je passe ma matinée, déjà le matin j’ouvre les yeux, ça me prends deux heures avant de pouvoir sortir du lit, c’est un cauchemar. Eh bien sûr j’arrive presque tout le temps en retard parce que les journées sont longues et avec TALOWA ca prends le temps et voilà j’ouvre les yeux je regarde mon téléphone, parce que vive la technologie je suis entre WhatsApp, Facebook parce qu’on a une page sur Facebook, j’ai des messages WhatsApp, j’ai des emails à voir donc c’est ça que je fais la première fois. Pendant que je suis sous la douche, j’écoute la musique pour me donner la pêche et bien sûr j’arrive en retard parce qu’en bonne fille que je suis, je prends une demi-heure pour sortir de la salle de bain donc c’est ça ! Mes matinées c’est ça !

Corneille TOWENDO : Très intéressant et quelle serait votre plus grande force en tant qu’entrepreneur Sarah ?

Sarah FERDJANI : Je dirais ma plus grande force, ça a été progressif, c’est l’évolution. Disons qu’on commence de rien et on voit qu’on avance, il y a une évolution, on est parti de zéro et au fur et à mesure on se structure, on s’organise, on devient plus sophistiquée, par exemple quand on a commencé nos produits c’était comme Bill Gates, on a commencé ça dans notre cuisine. On n’avait pas une grande idée de ce qu’on voulait, on savait ce qu’on aimait et on savait ce qu’on voulait essayer mais on ne savait pas comment s’organiser donc c’était assez intéressant. C’était des recherches, beaucoup de recherches, beaucoup d’expériences, beaucoup de bouche à l’oreille, de conseils, de ceci, de cela et au fur et à mesure voilà on se structure on devient meilleure, on fait des essais, ça donne bien, on vend petit à petit ça marche et ben là on se lance et là on panique parce qu’on s’est lancée, on ne sait pas pourquoi on la fait, on aurait dû peut être faire ceci et cela. Tout vient en même temps et au fur et à mesure ça évolue et voilà ça devient plus organiser on devient mieux à ce qu’on fait. Et c’est ça surtout le but, c’est qu’on s’améliore  et entre ce qu’on a commencé au début et ce que l’on fait maintenant on s’est qu’il y a une évolution et on sait que ça ira de mieux en mieux donc je pense que c’est ça, le fait de pouvoir évoluer dans la bonne direction et de ne pas stagner .

Corneille TOWENDO : Et je note une évolution progressive.


Sarah FERDJANI :
Voilà exactement, on prend notre temps, ça fait un an et demi, on est toujours en phase Start Up on a beaucoup de chemin à faire mais voilà on sait qu’on va y arriver, on sait que petit à petit on est sur la bonne voie, faut pas qu’on laisse ça s’est sûr il n’y a pas cette option.

Corneille TOWENDO : Et qu’est-ce que tu considères comme étant ta plus grande faiblesse aujourd’hui en tant qu’entrepreneur Sarah ?

 

Sarah FERDJANI : Faiblesse, le fait, c’est déjà de savoir que lorsqu’on est entrepreneur, on est entrepreneur en herbe, on n’apprend pas à être entrepreneur on le devient sur le tas. Et c’est ça peut être, ça aurait été bien si il y avait un cours qui vous dit bon c’est comme ça l’entrepreneur, c’est comme ça que ça se passe, ben yen a pas. A l’université, on a fait entrepreneurship mais ce n’était pas de la pratique. C’était juste dire oui c’est ça le principe de ceci de cela mais sa vous apprends absolument rien. C’est quand on commence, c’est là qu’on sait qu’est-ce que c’est d’être entrepreneur, c’est là qu’on sait que ben c’est difficile, surtout quand on n’a pas les moyens on ne sait pas comment s’y prendre. En fait, c’est le manque d’informations, ne pas savoir ou commencer et aussi c’est les imprévus, ce n’est pas vraiment une faiblesse, c’est l’environnement, je veux dire que l’environnement n’est pas vraiment propice en Afrique de l’ouest quand on commence de rien, quand on n’a pas les moyens, on n’a pas forcément des équipes performantes donc c’est ça, c’est beaucoup de difficultés mais au fur et à mesure si on est entouré des bonnes personnes, ça va. Mais c’est sûr que ça reste toujours un challenge. Donc voilà je ne sais pas encore c’est quoi ma plus grande faiblesse, peut-être que je ne suis pas encore comme Bill Gates, donc c’est ça que je considère comme étant ma faiblesse, le jour que je le suis, bon ben voilà la vie est belle.

Corneille TOWENDO : Et quel est ce projet ou qu’est-ce qui vous inspire présentement et vous pousse à l’action, Sarah?

Sarah FERDJANI : Moi, mon projet pour l’instant voilà c’est TALOWA, c’est de permettre à des consommateurs africains, de consommer de l’africain mais dans de jolies bouteilles, que ce soit facile à utiliser, que ce soit abordable et que ce soit de bonne qualité et qu’on sache que c’est quelque chose qui est local, qui est fait localement, qui est venu de chez nous et c’est une fierté en même temps. Et qu’est-ce qui pousse à l’action ? Voila ! On veut montrer qu’on est des consommateurs africains et en même temps ce ne sont pas que des africains. On cible les africains par ce qu’on trouve que c’est eux les laissés pour compte. On a une classe moyenne qui est émergente, on a des gens qui sont allés à l’étranger et qui sont revenus, nous au moins on fait partie de cette classe-là, et voilà, c’est leur proposer des produits de bonne qualité et les voir contents et se dire on a consommé africain et c’est bien, je pense que c’est ça oui, ce sont les consommateurs.

Corneille TOWENDO : Ben j’aime beaucoup ce que tu viens de dire Sarah, parce que je me retrouve aussi à l’intérieur vouloir aussi avec EntrepreneurEnAction fournir un podcast de qualité, un blog audio de qualité pour les africains, une qualité qui vient d’ailleurs.
Alors Sarah racontez-nous l’histoire de ce que vous considérez comme étant votre pire moment en tant qu’entrepreneur ?

Sarah FERDJANI : Un pire moment je n’en suis pas sûr. Il y a eu beaucoup de moment stressants, par exemple des livraisons qui devaient se faire, qui ont été faite en retard, on attend des commandes, on les reçoit pas, on fait des envois, ils disparaissent dans la nature et on ne sait pas pourquoi et on investit de l’argent et voilà. Donc est-ce qu’il y a eu un pire moment ? Non ! A moins qu’il n’y ait eu un mort ou un accident grave ? Non. Ce sont des moments très frustrants et on stagne pendant quelques jours mais voilà on retombe sur nos pates, on trouve une solution parce qu’on n’a pas le choix, aussi simple que ça. Donc oui c’est plus ça, des moments stressants certes ça arrive, parfois on ne dort pas, pendant une semaine d’affilée on ne dort pas avant minuit, une heure, et on se demande même est-ce qu’on a même évolué, on a un évènement important donc il faut qu’on soit prêt, et on se dit qu’on est à la bourre et qu’on va jamais y arrivée ou alors il y a ceci qui manque ou alors il y a ceci qui a disparu bref : Beaucoup de moments Stress. Mais le pire moment je ne l’ai pas encore expérimenté.

Corneille TOWENDO : Ok et quel est ce conseil que vous pouvez donner à nos entrepreneurs qui nous écoutent et à nos aspirants entrepreneurs? Quelle est cette attitude là que vous avez utilisée face à ces moments stressants ?

Sarah FERDJANI : Ben essayez de relativiser, c’est vrai que ce n’est pas évidemment mais il faut essayer. Parce que si vous ne gardez pas la tête froide et si vous paniquez. Bon il faut paniquer! C’est sûr parce que si on est trop relax ce n’est pas une bonne chose c’est sûr. Mais il faut une période limite de panique et après il faut se ressaisir et il faut commencer à trouver des solutions au fait il n’y a pas le choix. Ça passe ou ça casse. C’était comme à l’époque où je passais le bac, moi mon objectif c’était avoir mon bac avec mention si je l’avais pas je ne passais pas. C’était aussi simple que ça, je devais avoir ma mention et j’ai travaillé pour l’avoir et quand j’ai fini de passer mes exams j’ai fermé tous mes cahiers, je n’ai même pas pensé à passer à l’oral parce que pour moi c’était inimaginable. Il y a toujours une solution, il faut la trouver, on ne sait pas comment on va y arriver mais on va la trouver on n’a pas trop le choix et on n’a pas à faire autrement. Et avant de devenir entrepreneur faut savoir si on veut vraiment l’être et pourquoi on veut l’être et se renseigner demander autour de soi aux gens qui sont entrepreneurs ceux qui l’ont fait et pour qui ça a marché, pourquoi ? Ceux qui l’ont fait et pour qui ça n’a pas marché, pourquoi ? Moi je savais que ça allait être difficile mais je ne m’attendais pas à ça mais j’avais déjà une appréhension mais je pense que le fait que j’étais intriguée à y aller et je suis allée à l’étranger et j’ai vu qu’on était plein de monde tout comme moi, on avait une histoire en commun parce qu’on avait tout le temps des difficultés, des challenges et on se disait, ce n’est pas possible, on n’est pas seul. Et quand vous entendez les histoires des autres peut-être des fois sa peut être pire que la vôtre.  Donc ce n’est pas une bonne chose mais en même temps vous vous dites que vous n’êtes pas seul dans votre barque et voilà ça arrive à tout le monde et il faut être brave. Mais seulement à un moment donné il faut accepter l’échec. Parce que si par exemple, ce que vous pensez comme étant le meilleur des projets s’avère ne pas l’être et que en fin de compte vous faites des pertes, ça devient vraiment un cercle vicieux, ben faut accepter cette défaite et soit on fait le mot en anglais c’est PIVOT, soit dévier, soit trouver un autre chemin pour arriver au but ou alors ben arrêter faire une autre activité mais j’espère que ça n’arrive pas mais il faut pouvoir y songer mais il faut un plan B.

Corneille TOWENDO : Bien sûr et savoir s’adapter je dirais aussi.

Sarah FERDJANI : Exactement, Moi pourquoi je dis ça? Parce que quand j’ai commencé je me suis dit, Non hors de question que j’arrête de travailler et en même temps je ne pouvais pas. Ce sont nos ressources à nous, on n’a pas de financement. On a commencé avec nos fonds à nous. Donc si vous êtes sur de vouloir vous lancer et que vous avez les moyens financiers de le faire et que vous pensez que vous allez tenir faites-le. Maintenant si vous n’êtes pas sur allez y doucement. Parce que tout abandonné et après trop souffrir ça peut vous poussez à faire les mauvais choix et après à vous dire que vous avez faire le pire choix de votre vie et ce n’est pas le but. C’est vrai que ce n’est pas la vie en rose et quelque part il y a satisfaction donc si on ne l’a pas, ça ne sert à rien. Il ne faut pas être entrepreneur juste pour l’être. Il faut l’être parce qu’il y a un sens et parce que il y avait quelque chose que l’on poursuivait et on se dit qu’on est proche du but.

Corneille TOWENDO : Ben ce que Sarah vient de dire est tellement est tellement vrai et me rappelle tellement de choses. Lorsque je voulais lancer Entrepreneur En Action j’ai commencé à économiser six mois à l’avance et j’ai présenté ma lettre de démission six mois avant de démissionner et de partir et avant de partir je ne suis pas parti les poches vides. J’ai commencé à économiser pendant six mois pour pouvoir être autonome financièrement et pouvoir tenir un moment jusqu’à ce que des opportunités financières commencent à se présenter.

Racontez-nous à quel moment et comment vous est venu cette étincelle, cette idée de génie sur laquelle vous vous êtes basée pour bâtir votre entreprise, TALOWA ?

Sarah FERDJANI : L’étincelle, ah oui ça c’est une anecdote, donc c’était Manoli et moi on avait l’habitude de faire de la marche en groupe a quelques kilomètres de Niamey et voilà on était là on papotait, on marchait le cadre était agréable et comme d’habitude on se plaignait de ces marques occidentales qui nous vendent du karité mais ils en mettent pas ou alors ils nous parlent de ceci mais en fait, il y a cela. Et en fait, c’est moi qui ai dit c’est même pas comme si c’est difficile de faire ces produits et franchement on pourrait les faire nous-même et elle m’a regardé comme ça et elle dit : tu es sérieuse ? Et j’ai dit oui mais bon c’est vrai qu’on ne peut pas faire des produits tout aussi sophistiqué avec pleins de trucs, mais il y a certaines recettes on peut les faire nous-même. Autant les faire nous-même, on a la matière, on les fait nous-même et on les revend pour ce que ça vaut. Au moins, on est sur de la qualité et on est sûr que ce sont des choses que nous même on achèterait. Elle m’a répondu eh ben si tu es sérieuse ok on peut le faire alors. On se lance ?! Et je l’ai regardé comme ça et j’ai dit ok. Je n’ai pas vraiment pris ca au sérieux et voilà ! Franchement c’est aussi bête que ça, c’était une marche et c’est là que l’étincelle est venue. En tout cas ca a fait le déclic dans sa tête, je ne l’a prenais pas trop au sérieux et c’est après que j’ai réalisée qu’elle était sérieuse et puis je me suis dit bon ben on y va alors. Donc nous voilà, c’est aussi bête que cela.

Corneille TOWENDO : Alors Sarah quel est ce conseil là que vous avez reçu en tant qu’entrepreneur et qui vous a beaucoup marqué et que vous aimeriez partager avec notre audience d’entrepreneurs et aspirants entrepreneurs ?

Sarah FERDJANI : C’est peut être avoir foi en moi en tant qu’entrepreneur parce que  j’avais reçu une formation comme je l’avais dit dans le cadre du YALI, Young African Leaders Initiative, l’année dernière et voilà j’avoue que je suis assez timide et pouvoir me lancer. Alors on me disait toi tu es TALOWA, tu es l’ambassadrice TALOWA, tu présentes bien, tes produits sont bien, donc il faut être plus convaincante que ça. Il faut que lorsqu’on te voit qu’on sache que oui TALOWA c’est la meilleure des marques et ce n’est pas faux. En fait c’est ça, avoir plus confiance en soi, en ces capacités, en se disant, même si l’on connait rien, il faut y croire. On part de rien, on a quand même fait une grande avancée et vous avez les encouragements des gens alors pour moi c’est ça. Plus croire en soi, en ces capacités, on sait qu’on n’a pas tout, on sait qu’on a des lacunes mais on se dit qu’on n’est pas idiot et qu’on peut y arriver et puis voilà. C’est franchement avoir foi en soi et garder la passion, être passionnée. Moi je sais que j’ai cette passion là mais ne pas se décourager et continuer à apprendre. Il y a toujours quelqu’un de plus intelligent que vous ou de plus idiot que vous. Donc voilà vous n’êtes pas plus idiot que les autres et avoir foi en soi.

Corneille TOWENDO : Alors partagez avec nous une habitude ou une attitude que vous considérez être ce qui contribue à votre succès aujourd’hui ?

Sarah FERDJANI : Peut-être le fait qu’on essaye de se rapprocher de notre clientèle, de nos followers et c’est ça ! Bon ce n’est pas évident pour nous de toujours pouvoir faire le suivi mais on a fait des ateliers, on essaye de les rencontrer, de les conseiller et c’est ça qu’il faut, il faut qu’il y ait ce côté relationnel, je veux dire la cliente peut être qu’elle ne vous voit pas mais elle sait qu’elle peut vous parler elle sait qu’elle peut te peut te poser des questions et qu’elle aura des conseils. Elle sait que si il y a un problème, vous êtes là, vous êtes là, vous allez réagir. Ce n’est peut-être pas dans la seconde mais elle sait qu’on est là, qu’on fait le suivi, on est contente, on veut que quand elle utilise ses produits qu’elle soit contente de les utiliser, on ne va pas lui conseiller tout parce qu’on essaye de lui vendre, on cherche à s’intéresser à son cas. En fait c’est ça ! Vous intéressez à vos clientes. Ce n’est pas juste les attirer c’est aussi les  conseiller en même temps. C’est quelque chose de basique. Ce n’est pas juste attirer de la clientèle, il faut créer une base, il faut les garder, il faut continuer à les motiver et il faut que eux aussi ils puissent être vos ambassadeurs. Donc voilà le relationnel il est très important. Et aussi,  avec vos collaborateurs, avec les gens avec qui vous travaillez, si vous vous dites que c’est juste du business, c’est juste de l’argent, franchement il y a le côté financier certes mais il n’y a pas que ça.

Corneille TOWENDO : Partagez avec nos auditeurs une ressource que vous utilisez souvent (ca peut être une application sur votre téléphone, votre email, drop box, Google drive etc.).

Sarah FERDJANI : Bon moi c’est tout ! Mon téléphone c’est mon meilleur ami. Si je n’ai pas ma connexion parce que la non plus je ne l’ai pas et je sais que quand je rentrerais à la maison je vais avoir 150 messages. Non c’est ça. Mon téléphone ou mon ordi, c’est mon meilleur ami. Mon téléphone parce que j’ai tout. J’ai une application sur laquelle je peux suivre ma page Facebook, j’ai accès à mes emails et j’ai WhatsApp, Skype, tous les moyens de communication parce que comme on est plusieurs, on n’est pas tous forcément dans les mêmes endroits. Donc le fait de pouvoir communiquer c’est important. Voilà donc s’il y a des gens, des clients qui nous écrivent sur Facebook ben faut que je puisse leur répondre. S’il y a une transaction qui veut se faire, je dois pouvoir la contrôler ainsi de suite donc. C’est sûr que si je n’ai pas internet et si je n’ai pas mon téléphone, mon téléphone, c’est mon meilleur ami, c’est tout ! C’est mes rendez-vous, c’est mes contacts, c’est même mes images, mes visuels, les photos que j’envoie, les photos que je reçois, c’est mon tout pour moi.

Corneille TOWENDO : Je suis sûr que certains de nos auditeurs aimeraient savoir c’est quoi ce téléphone la? 

Sarah FERDJANI : En fait c’est mon HTC, c’est mon Huawei,  je parle juste d’un smartphone ou d’un iPhone, en fait un téléphone qui vous sert voilà, qui garde tous vos mails, tout voilà, absolument toute votre vie en tout cas la mienne elle est dans mon téléphone.

Corneille TOWENDO : Quel livre recommanderiez-vous à nos auditeurs pour les pousser à l’entreprenariat et/ou à les pousser à l’action ? Et pourquoi ce livre?

 

Sarah FERDJANI : Oki Ça fait longtemps que je n’avais pas fait de la lecture et je pense que je ne suis pas une bonne personne pour ça.

Corneille TOWENDO : Ou une ressource sur Internet ?

Sarah FERDJANI : Je sais que j’en ai un en tête mais du coup là j’ai un blanc. Je sais que l’année dernière j’avais lu un livre qui avait été écrit par un indien et qui parlait des opportunités en Afrique. J’ai oublié le nom de ce livre alors que c’est un très bon livre. J’enverrais sa plus tard mais, Internet franchement c’est une mine d’or. Il y a des astuces, vous avez des cours en lignes qui sont gratuit, vous avez par exemples accès à des factsheets,  des trucs de budgets, des business plans, vous avez pleine de données qui sont disponibles mais il faut les chercher et bien les chercher. Donc je dirais vous avez pas mal d’outils qui sont disponibles maintenant un livre ? Voilà.

Corneille TOWENDO : Pour terminer Sarah, merci de donner quelques conseils à la jeunesse africaine toute entière pour les pousser à l’action et les pousser à l’entreprenariat ?  

Sarah FERDJANI : Ben moi, je vais déjà en effet commencer à pousser à l’action. Qu’est-ce que je pourrais dire à la jeunesse africaine ?

Corneille TOWENDO : Et en particulier les jeunes filles ?

Sarah FERDJANI : Il ne faut pas attendre que le ciel nous tombe sur la tête. En tant que jeunes, si vous avez une bonne éducation, vous avez beaucoup de chances, si vous avez accès à des opportunités et que vous avez pu faire de bonnes études, que vous avez pu faire des études à l’université, n’attendez pas que tout vienne à vous aller les chercher. Il n’y a rien qui vient à vous, il faut être dynamique. En plus quand on est une femme, une femme a l’Africaine, je dirais que le stéréotype c’est qu’on attende que oui on fasse ses études d’accord ! On finit, on va à l’université ok ! Et on fait un stage à gauche, à droite, et après on attend que le travail il vient, s’il ne vient pas, on se marie et après voilà on se demande ce qu’on va faire ben non ! S’il y a quelque chose qui vous passionne ben faites-le ! C’est vrai qu’il y a certaines professions qui ne sont pas forcément acceptées en tant que femmes mais je pense quand même que rien n’est impossible. Et il faut se battre pour ces convictions et faut pas être dans l’attentisme du gouvernement. Et pourquoi je dis ça? C’est parce que nous on ne compte pas sur le gouvernement. Moi je ne comptais pas sur le gouvernement pour faire quoi que ce soit, quand je suis allée en Chine, j’ai eu une bourse, je pensais avoir eu énormément de chances, mais j’ai cherché je n’ai pas attendu qu’elle me tombe dessus. J’en ai entendu parlée, j’ai eu mes réseaux, j’ai pu avoir ma bourse et quand je suis allée là-bas, je suis allée là-bas étudier et quand je suis allée étudier là-bas je ne me suis pas contentée que d’étudier, j’ai aussi cherché du boulot parce que je savais que je faisais un master et un master si on n’a pas d’expérience professionnelle et même en rentrant comment je vais travailler ? Comment je vais trouver un meilleur travail ? Il faut travailler ! Il faut se lever le matin. Il faut accepter ! Même si c’est le pire boulot, si vous apprenez quelque chose, faites-le! L’argent sa viendra après. Il ne faut pas vous attendre à être milliardaire dans les heures. Parce qu’il y a eu des centaines qui ont eu des avis et qui n’ont pas forcément de travail. Parce que s’ils rentrent eux aussi. C’est vrai qu’il faut rentrer en Afrique mais rentrer avec un projet et ne vous dites pas euh Réfléchissez ! Si vous avez des opportunités, voyagez à travers le monde. Moi je dis les voyages forment. C’est vrai que je suis de pour ceux qui rentrent qui fassent profiter à leur continent mais si vous estimez que pour l’instant vous n’avez encore rien à donner. C’est faux ! Déjà vous avez toujours à donner mais ne le faites pas parce qu’on vous y a poussé mais faites le parce que vous le voulez, vous êtes prêts, vous avez cette maturité. Pourquoi je dis ça ? Parce que moi je suis pour qu’on rentre dans nos pays et qu’on fasse des choses mais en même temps je suis aussi pour avoir cette liberté de choix et quand on est rentrée on est convaincu et on est heureux et on sait que ce qu’on va faire va être génial. On ne le fait pas parce qu’on se dit … Voilà maintenant y a des situations qui font qu’on est obligée de rentrer. Mais quand on fait quelque chose qu’on le fasse bien  et qu’on soit content de le faire et surtout moi je sais que j’ai eu beaucoup d’opportunités et j’essaye den profiter au maximum et quand on est une femme ce n’est pas forcément évident mais il faut se battre. C’est ce qui est dommage on est obligée de toujours tout prouvée parce qu’on est femme mais en même temps si on est sérieuse, si on est professionnelle, le stéréotype de la femme qui est juste frivole, qui est paresseuse, il peut disparaitre, juste qu’il faut se prouver.

Corneille TOWENDO : Par rapport à ce que Sarah vient de dire qui est super inspirant, il y a deux choses qui me viennent en tête déjà une petite phrase que j’ajoute à tous mes emails, qui est dans ma signature email et qui dit : « Si l’occasion ne frappe pas, construisez une porte. » un proverbe de Milton Berle. Je crois que ça résume assez bien ce que Sarah vient de partager avec nous et aussi quelque chose d’autre qui m’est venu à la tête, c’est qu’avant de venir créer ma propre compagnie à Dakar, j’ai vécu cinq ans à l’extérieur et je suis revenu d’abord en 2014 en vacances pour venir tâter le terrain et voir. Apres cela je suis reparti, j’ai présenté ma démission, et j’ai patienté encore six mois et préparé mon projet avant de me lancer, donc si vous avez des idées, si vous avez des projets, préparez-vous et rentrez apporter votre plus value au continent Africain.

Finalement comment est-ce que nos lecteurs peuvent vous contacter, ou contacter TALOWA, votre compagnie ?

Sarah FERDJANI : Alors déjà on a une page Facebook TALOWA, donc allez y liker, c’est une très bonne page, vous pouvez nous envoyez des messages inbox, il y a mon email. Vous pouvez nous envoyer des emails, on vous laisse nos coordonnées sur la page Facebook donc c’est la ! C’est la première vitrine. On est maintenant en train de mettre en place notre site web c’est quelque chose qui est en working process. Déjà sur Facebook vous pouvez nous avoir, il y a les contacts, on est sur WhasApp, on est sur Instagram, on est sur Twitter, on a tous ca donc on essaie d’être partout à la fois. Vous pouvez nous trouver et nous aussi on peut vous trouver si vous le demander.

Corneille TOWENDO : Ben chers entrepreneurs et aspirant entrepreneur tous les liens pour retrouver Sarah facilement seront disponibles sur la page qui sera destinée à Sarah de Talowa qui sera sur EntrepreneurEnAction donc faites un tour et cliquez sur le lien pour accéder facilement à la page Facebook et récupérer les liens pour contacter Sarah plus facilement. Merci Sarah FERDJANI d’avoir partagé avec nous vos expériences. C’est beaucoup d’inspirations et de motivations pour toute la jeunesse africaine et pour toutes les femmes qui nous écoutent, femmes africaines et femmes du monde et que Dieu vous bénisse pour cela et à très bientôt.

Sarah FERDJANI : Amen Merci. A très bientôt et bonne chance à vous.

Corneille TOWENDO : Portez-vous bien.

L’épisode 6 d’Entrepreneur En Action est à présent terminé.

J’espère que vous avez souscris a notre news letter en remplissant le petit formulaire en bas de entrepreneurenaction.com, vous pouvez aussi accéder au site web plus facilement en tapant eeaction.om

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Je vous souhaite une très bonne journée et chers Entrepreneurs et aspirants entrepreneurs mettez-vous à l’action.

 

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By | 2017-04-04T13:46:46+00:00 août 16th, 2015|100-Audio-Podcast, Podcasts-EEAction|