052 – Yann Djossinou fondateur de ROAR Clothing sur EEAction

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J’ai le plaisir de vous présenter un entrepreneur Béninois parce que Entrepreneur En Action est à Cotonou aujourd’hui, et cet entrepreneur Béninois s’appelle Yann Djossinou.

Mon cher ami Yann Djossinou, Es-tu prêt à motiver et à pousser nos amis Entrepreneurs et aspirants Entrepreneurs à l’action ?

Yann Djossinou : Bonsoir Corneille, bonsoir chers auditeurs d’EntrepreneurEnAction.com, je suis prêt à apporter ma pierre à l’édifice et à motiver tout le monde à aller vers l’entrepreneuriat parce qu’en Afrique, je pense que l’entrepreneuriat est un secteur où on peut faire de grandes choses pour participer au développement.

Corneille Towendo: Yann Djossinou est âgé de 23 ans, il a obtenu un Master en Communication d’entreprises et une Licence en Conception graphique. Pendant ses études, il en profita pour lancer sa marque de vêtements du nom de Roar Clothing. Et Yann prendra quelques minutes durant l’interview pour nous dire pourquoi ROAR comme nom pour sa marque. 

Mon cher ami Yann, merci de prendre une minute et de compléter ton introduction et parles-nous un peu plus de qui est Yann Djossinou.  

Yann Djossinou : Alors Yann Djossinou est un jeune béninois, âgé de 23 ans, qui a fait un Bac D, ici à Porto Novo, pas à Cotonou. Après mon Bac, j’avais un rêve, d’aller en Angleterre continuer mes études auprès d’un oncle. Et on m’a dit qu’il fallait que je commence ici d’abord. Donc on m’a envoyé au Ghana, j’ai fait presque 4 ans au Ghana, au cours desquelles  j’ai fait ma formation en graphisme et j’ai commencé mon Master en Communication d’entreprises et voilà, au cours de ces années, j’ai entretenu le rêve d’aller continuer mes études en occident. Mais ça ne s’est pas fait et puis au fil des années, je grandissais et je me disais voilà, ce rêve, faudrait peut-être que tu penses à autre chose pour demain, qu’est-ce que tu comptes faire? A partir du moment où j’ai abandonné mon rêve d’aller forcément étudier en occident, je me devais de trouver un sens à ma vie en quelque sorte.

Donc voilà à partir de ce moment je me suis dit, qu’est-ce que tu as envie de faire? Qu’est-ce que tu sais faire? Parce qu’être entrepreneur pour moi, c’est quelque chose qu’il faut préparer depuis qu’on est tout petit. Je pense que c’est la où les parents doivent jouer un rôle très important avec les enfants, depuis tout petit il faut que les parents puissent voir quelles sont les aptitudes de leurs enfants, c’est capital. A partir de ce moment, tu sais déjà dans quoi tu peux diriger ton enfant. Donc je suis quelqu’un par nature qui aime déjà bien s’habiller, propre sur soi même, ordonné, raison pour laquelle j’ai étudié la conception graphique, donc ça tombait de sens que je me lance dans la mode en quelque sorte.

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A présent, parles-nous de ta marque de vêtement ROAR CLOTHING.

Yann Djossinou : Bonne question ! Roar Clothing est né à un moment où j’étais en dépression, je vais dire ça comme ça, parce que j’avais tellement nourrit l’espoir d’aller continuer à l’extérieur; j’avais déjà un plan fait dans ma tête qui était carré et à partir du moment où tu te dis que ton plan A (dans le cas de figure où tu n’as pas prévu un pan B) ne marche pas, tu te retrouves un peu déboussoler, tu ne sais pas vraiment qu’est-ce que tu vas faire? Tu te demandes Waouh qu’est-ce que mon avenir vas être? Donc à partir de ce moment, il faut vraiment un sursaut sur soi. C’est-à-dire, il faut vraiment prendre sur soi, pour se dire mais merde! Reviens sur terre! Tu es jeune, tu as le temps, tu peux faire quelque chose de ta vie. Et surtout tu peux montrer aux gens que l’on peut rester en Afrique et faire de grandes choses. C’est quelque chose qui est très important pour moi, rester en Afrique et montrer que l’on peut faire de grandes choses. Donc voilà, c’est comme ça qu’est né Roar Clothing, qui est inspiré de deux choses.

Je suis de part nature attirer par les félins, donc le tigre c’est un peu comme un animal qui m’inspire beaucoup. Le rugissement du tigre ça fait Roar !

Et d’autre part, je suis Chrétien Catholique, et en Hébreu «Ruah» veut dire souffle de vie.

Donc la combinaison de Ruah et de Roar pour moi ça tombait de sens que j’appelle ma marque comme ça. A partir de l’instant où j’ai eu cette révélation, parce que j’étais allé à une séance de prière avec un ami, et c’était pendant la séance de prière que…

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Et comment se porte Roar Clothing sur le marché Béninois et International ?

Yann Djossinou : En presque 4 ans d’activités, je pense que Roar Clothing sur le plan national déjà, est une marque assez connue, sans vouloir me venter, nous sommes connus de la majorité des gens déjà et nous sommes très présent que ce soit sur le terrain ou sur internet parce qu’on a l’avantage au 21ème siècle aujourd’hui, d’avoir un outil qu’on appelle Internet qui nous aide à faire de la communication sans pour autant sortir de grands fonds. En même temps moi j’ai l’avantage avec des personnes qui m’entourent comme Sossou Ulrich, qui m’ont apporté une certaine ouverture d’esprit où grâce à internet je peux rester chez moi et vendre partout dans le monde. Ce qui fait que Roar Clothing, aujourd’hui nous avons des clients que ce soit au Japon, au Brésil, en France, en Australie…. Un peu partout dans le monde, tout en étant au Bénin. Donc ce qui fait qu’on n’a pas forcément besoin, enfin pour le moment, d’avoir de grands financements pour démarrer. J’ai commencé Roar Clothing, j’avais 160 000 FCFA en poche. Aujourd’hui, Roar Clothing pèse en quelque sorte en chiffre d’affaires, presque 20 millions de Francs CFA. Je pense que ce n’est pas mal pour un début, on peut faire mieux, on a des lacunes, qu’on essaye de combler petit à petit tous les jours. On essaye de s’améliorer au fur et à mesure qu’on avance. Donc voilà un peu !

 

Et parles-nous un peu de comment est-ce que tu gères tes journées entrepreneuriales.

Yann Djossinou : Alors mes journées entrepreneuriales ! Je peux dire qu’au début, j’avais un peu plus de mal qu’aujourd’hui. Parce que même dans l’entrepreneuriat, c’est comme dans tout apprentissage, on grandit, on ne finit jamais d’apprendre. A partir du moment où tu sais que tu vas toujours apprendre, tu es prêt pour ça en quelque sorte. Ma journée à moi de l’entrepreneur c’est de l’organisation, il faut être vraiment très organisé et arriver à respecter ton plan. Il faut définir ce que tu as à faire dans la journée, ensuite il faut travailler en équipe, c’est capital. Au 21ème siècle aujourd’hui, tu ne peux rien faire tout seul. Il faut que tu puisses monter ton équipe, que ce soit des collaborateurs, que tu ne voies pas tes collaborateurs en employés mais que tu les voies en collaborateurs, en partenaires avec qui tu peux évoluer. C’est très très important ! Le facteur humain dans toute entreprise est capital, au-delà de l’aspect compétence, le facteur humain c’est le facteur qui peut détruire toute entreprise, il ne faut pas négliger ce facteur. Il faut être correct envers les gens, il faut être droit, il faut être positif. Donc moi ma journée commence toujours par un petit déjeuner, c’est capital, le matin il faut manger, il faut se booster. Ensuite moi personnellement avant de sortir un petit conseil, il faut se remettre en soi et parler avec son Dieu pendant 5 minutes, pas besoin d’une heure de temps, juste 5 minutes parler avec son Dieu, lui dire ce qu’on a sur le cœur, le remercier pour la grâce d’être déjà debout et puis entrer dans sa journée. Donc voilà, c’est un peu ça.

Corneille Towendo : Je trouve Yann, sans pour autant lui jeter des fleurs, très très intelligent. Et je suis très fier d’interviewer des entrepreneurs Africains, des entrepreneurs Béninois, et en les interviewant et après avoir écouté des centaines d’interviews d’entrepreneurs Américains, Européens, Japonais et tout, je peux te dire qu’en interviewant de jeunes entrepreneurs comme toi, comme Roland Houngbadji ou comme Ulrich Sossou, je trouve qu’on a rien à envier aux entrepreneurs occidentaux, je suis tout simplement ravi et heureux, d’entendre de jeunes entrepreneurs comme toi, nous parler du travail d’équipe…

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A présent parles-nous de ce que tu considères comme étant ta plus grande force aujourd’hui en tant qu’entrepreneur ?

Yann Djossinou : Alors ma plus grande force en un mot je sais exactement ce que c’est, c’est ma détermination. Je pense que c’est quelque chose que j’ai en moi. A la limite je vais dire que c’est un don, je ne me décourage jamais, pour moi ça n’existe pas. C’est peut-être de ma mère que je tiens ça, mais depuis que l’on va à l’école, ça n’existe pas, tu ne peux pas te décourager, tu n’as pas le choix de toute façon. Tu dois tout le temps être motivé. C’est-à-dire même quand en entreprise on a des problèmes en interne, je dois être capable de booster toute mon équipe. Il faut que je sois solide pour les autres. C’est un peu ça en fait. Donc pour moi la première force de l’entrepreneur c’est ça, c’est-à-dire sa détermination, sa foi en ce qu’il fait. Il faut mettre du cœur dans ce que tu fais. Pour moi ce qui départage les entrepreneurs c’est le prix personnel que chacun d’entre nous est prêt à payer. C’est-à-dire à quel point tu es prêt à mettre de toi dans ce que tu fais. C’est vraiment ça qui montre la valeur de ce que tu fais.

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Et à l’opposé de ta plus grande force en tant qu’entrepreneur qui est la détermination, quelle serait ta plus grande faiblesse, aujourd’hui en tant qu’entrepreneur ?

Yann Djossinou : Ma plus grande faiblesse en tant qu’entrepreneur ça va rejoindre en même temps ma plus grande force, comme je le dis c’est peut-être ce côté trop déterminé que j’ai, qui parfois fait que je perds de vue parfois les gens qui sont autour de moi, je vais dire ma famille directement. Parfois je suis tellement impliqué que je ne prends plus vraiment le temps de me rattacher aux choses qui doivent être essentielles et c’est quelque chose sur lequel je travaille un peu tous les jours. Il faut savoir malgré son implication dans sa vie professionnelle, rester attaché aux choses essentielles de la vie parce que quoi qu’on dise,  ta famille c’est très important. C’est eux qui te motivent à faire ce que tu fais, et à être qui tu es.

A part cela, je suis parfois quelqu’un d’assez impulsif aussi bien du bon côté que du mauvais côté. C’est aussi quelque chose qu’il faudrait travailler, on ne peut pas être parfait comme on le dit, mais voilà je travaille sur mes défauts petit à petit pour tendre vers quelque chose de mieux. Comme on dit, on s’améliore tous les jours, le but c’est être meilleur que ce que tu as été hier, c’est tout.

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Et qu’est-ce que tu considères aujourd’hui, comme étant ton pire moment en tant qu’entrepreneur ? Quel est ce moment-là, qui t’as vraiment marqué ? Parles-nous de ce moment-là et comment tu l’as surmonté ?

Yann Djossinou : Alors mon pire moment en tant qu’entrepreneur, je vais dire que c’était à mes débuts parce que c’était vraiment très difficile. Je me rappelle quand j’ai commencé  j’avais zéro francs. J’avais un téléphone portable, j’ai dû vendre mon téléphone portable pour avoir mes premiers échantillons de tissus et commencer à coudre.

Les premiers retours que j’ai eu sur mes premiers modèles, c’étaient du genre ce que tu fais c’est complètement merdique, tu n’y arriveras jamais. Je vous assure pour quelqu’un qui est très motivé, c’est dur à encaisser, c’est très dur à encaisser. A partir de ce moment, tu te remets en question, tu te demandes dans quoi tu t’es embarqué ? Est-ce que ce n’est pas une erreur ? Mais quand tu te remets en question et tu te dis mais non ! J’ai foi en moi, je pense que je peux y arriver, c’est mon chemin, tu as la force pour surmonter ça et surtout quand tu as un parent, un père ou une mère, qui malgré ces petites réticences t’appuie, ça te rend plus fort en fait. Donc moi, j’avais ma mère qui a toujours été derrière moi et limite je me disais maman est aussi à fond derrière moi, ce n’est pas normal, je ne peux pas la décevoir. Et à partir de ce moment, peu importe les critiques, tu les prends et tu les transformes en critiques constructives même si à la base c’étaient des critiques qu’on t’envoyait pour te faire mal, c’est à toi de transformer ces critiques-là en critiques positives pour améliorer ton travail. Donc au fur et à mesure, ces mêmes personnes qui critiquaient mon travail, aujourd’hui trouvent que je fais du bon travail. Donc à partir de ce moment, tu sais que tu évolues. Et quand tu sais que tu évolues, tu sais que tu iras plus loin parce qu’on arrête jamais d’évoluer. Donc voilà un peu.

A présent, quelle est cette ressource-là, cette ressource technologique qui t’aide dans ta vie entrepreneuriale aujourd’hui. Ça peut être tes emails, ça peut être les réseaux sociaux, Drop Box….

Yann Djossinou : Alors cette ressource technologique qui m’aide beaucoup sans même y réfléchir c’est Facebook. Je vais dire technologiquement je suis né dans une période où l’ère des réseaux sociaux se développaient vraiment. Facebook pour moi, c’est un atout capital. Je peux dire que Facebook à lui seul fait presque 30 à 35% de mes clients. C’est pour vous dire à quel point je dépends en quelque sorte de Facebook et d’Internet. Le nombre de clients que j’ai grâce à Facebook c’est énorme.  Donc c’est tout à fait gratuit à la base déjà, c’est un service qui permet d’être connecté partout dans le monde et grâce à Facebook, je rallie un très grand nombre de personnes autour de ma cause. Il y a des gens qui me suivent depuis le Japon, je suis vraiment étonné de me rendre compte qu’il y a des gens au Japon qui connaissent Roar Clothing, c’est quelque chose qui personnellement me touche. Je n’aurais pas pu forcement rester ici et toucher des gens au Japon sans Internet. Donc moi Facebook, c’est un outil technologique dont je ne peux plus me passer.

Et quel est ce livre que tu recommanderais à nos auditeurs pour les pousser à l’action et à l’entreprenariat ? Et si ce n’est pas un  livre, quelle autre ressource ?

Yann Djossinou : Je ne suis pas un grand lecteur mais il y a quand même deux livres que j’aime bien, il y a la Bible et l’Art de la guerre de Sun Tzu, je conseille ce livre à tout le monde. Si vous avez le temps, vous allez le télécharger, je pense qu’il est gratuit en PDF sur internet  l’Art de la guerre de Sun Tzu. C’est un ancien général militaire qui a écrit un livre sur l’art de la guerre. Toutes ces données peuvent être transcrites à l’entrepreneuriat, c’est pareil en fait. Donc si vous avez le temps, téléchargez ce livre et vous m’en direz des nouvelles.

Pour terminer mon cher ami Yann Djossinou, merci de donner un  conseil à cette jeunesse Africaine qui nous écoute d’un peu partout à travers le monde et surtout un peu partout à travers l’Afrique, quel est ce conseil là que tu as pour eux?

Yann Djossinou : Alors le conseil que j’ai pour la jeunesse Africaine, c’est une chose, lancez-vous ! Je sais que c’est difficile, on a peur de ne pas y arriver, mais comme Sun Tzu le dit : « Celui qui n’a pas d’objectifs, ne risque pas de les atteindre. » Donc n’ayez pas peur de tenter. Tentez !

Au pire vous allez échouer, vous allez vous relever et faire autre chose mais s’il vous plait ne lâchez pas l’affaire, on a besoin de vous en Afrique.

Contacts:

+229 96 11 57 93 (Call/Whatssap)

Facebook : Roar Clothing Line ou  https://facebook.com/roarclothingline

Twitter : @RoarLine ou  https://twitter.com/RoarLine

Instagram : roarclothingline ou  https://www.instagram.com/roarclothingline/

Website: roarclothingline.com

 

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By | 2017-04-04T11:11:09+00:00 mai 31st, 2016|100-Audio-Podcast, Podcasts-EEAction|