016 – Sobel Aziz NGOM de Social Change Factory sur EntrepreneurEnAction

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Bonjour chers amis entrepreneurs et aspirants entrepreneurs et bienvenue sur EntrepreneurEnAction.com, où je discute avec les entrepreneurs africains qui évoluent et s’en sortent en Afrique. Vous pouvez accéder à notre site web en tapant entrepreneurenaction.com ou eeaction.com alors préparez-vous à l’action.

C’est avec plaisir que je me présente Corneille TOWENDO  fondateur et hôte d’EntrepreneurEnAction et je suis très heureux d’introduire notre invité d’aujourd’hui M. Sobel Aziz NGOM.

Corneille TOWENDO : Alors Sobel, êtes-vous prêt à motiver nos auditeurs et à les pousser à l’action ?

Sobel Ngom: Bien entendu mon cher.

Corneille TOWENDO : Sobel Ngom est un jeune entrepreneur sénégalais de 25 ans, il a fait des études supérieures en communication à l’école supérieure de commerce Sup De Co à Dakar. Sobel a travaillé depuis 2010, pour une ONG internationale nommée ASHOKA, en tant que responsable Afrique du programme Change Makers à ce titre il est chargé de bâtir et d’entretenir un réseau de plus de 2000 entrepreneurs à fort potentiel en Afrique. En 2011, il a rejoint l’équipe de People Input, la première agence digitale en Afrique Subsaharienne, il devient le premier Community Manager à être reconnu sur le marché sénégalais, et est l’auteur du premier livre blanc faisant l’état des lieux des réseaux sociaux au Sénégal et au Cameroun. Particulièrement intéressé par les problématiques de développement et de politiques, Sobel a créé au sein de People Input, Social Marketing Agency dédié à l’accompagnement des ONG, des politiques, et des acteurs de la vie publique et du développement pour lesquelles elle conçoit et elle met en œuvre des actions de marketing digital. Sobel est lui-même un entrepreneur et a lancé Social Change Factory, un centre de leadership civique pour les jeunes. Social Change Factory est le promoteur du grand show télévisé dédié à la jeunesse, la Voix des jeunes. En 2011, Sobel a été élu meilleur débatteur de l’année en remportant le concours national de débat, Débattons. Il a représenté le Sénégal au Young Africa Summit, en 2012, et au forum mondial des politiques de jeunesse des Nations Unies, en 2014. Son engagement en tant que leader de la jeunesse africaine, a été reconnu en 2014, en effet Sobel a été boursier de la première édition du programme Yali, Young African Leaders Initiative, du président Obama. Ses prises de position sont désormais célèbres car il s’est vu cité en référence par le président Obama à deux reprises, lors d’allocutions officielles notamment lors de la réunion de l’union africaine il y a quelques semaines. 

Alors cher ami Sobel, prenez une minute et complétez l’introduction que j’ai donnée de vous et donnez-nous un petit aperçu de votre vie personnelle.

Sobel Aziz Ngom : Bon quoi dire de plus ! Donc en effet avant de faire mes études en communication, j’ai été élève pratiquement toute ma scolarité au Cours Saint Marie de Hann, où j’ai à la fois effectué des cours dans le programme sénégalais et dans le programme français, et où j’ai été à l’internat pendant à peu près 3 ans, une expérience assez intéressante aussi. Je suis célibataire, sans enfants, je suis fils d’une mère métisse et d’un père sénégalais et voilà, je pense qu’on pourra en dire plus au cours de l’interview.

Corneille TOWENDO : Très court comme introduction. Idéalement comment passez-vous vos matinées Sobel? Sport, travail, racontez-nous un peu.

Sobel Aziz Ngom : Alors, ma matinée idéale serait de dormir jusqu’à 10h, malheureusement ce n’est pas possible tous les jours, même très rarement. Ma matinée, en tout cas si il y a un point qui est sûr et qui revient chaque matin c’est que je bois mon thé avant de sortir de chez moi. Ça c’est quelque chose de fixe, je peux ne pas manger, ne rien boire d’autre, mais j’ai besoin de boire mon thé. Alors mes matinées varient, c’est des fois sur le terrain, des fois des rendez-vous, des fois des conférences et aussi au bureau. Donc voilà, je n’ai pas de matinées particulièrement fixes, mais c’est clair que toutes mes matinées sont animées par quelque chose.

Corneille TOWENDO : Ben une vie d’entrepreneur est super intéressante et chers aspirants entrepreneur j’espère que vous êtes en train de prendre note.

Et quelle est votre plus grande force aujourd’hui en tant qu’entrepreneur, Sobel?

Sobel Aziz Ngom : Ça je pense que c’est la question la plus difficile, ma plus grande force en tant qu’entrepreneur, je pense que c’est ce qu’on dit en wolof être degeur bopp, j’ai la tête dure et donc je n’abandonne pas facilement une idée, même quand je reçois des coups, j’essaye toujours de contourner les barrières et de trouver une solution, je pense que c’est ça. C’est un état d’esprit. Donc je dirais c’est mon état d’esprit.

Corneille TOWENDO : J’aime beaucoup l’esprit degeur bopp en wolof qui signifie tête dure. Quelle est votre plus grande force aujourd’hui en tant qu’entrepreneur, Mr Ngom?

Sobel Aziz Ngom : Bon j’ai déjà beaucoup de faiblesses, je vais essayer. Déjà ma plus grande qui me vient à l’esprit là, c’est peut être un certain manque de patience, je suis quelqu’un de pressé, j’ai besoin que les choses aillent vite, et ce n’est pas forcément une bonne chose surtout quand on est entrepreneur surtout dans un marché qui n’est pas forcement mûr par rapport à beaucoup de choses, il faut apprendre à être patient. Parce que sinon, on peut rater beaucoup de choses. Donc oui je dirais le manque de patience.

Corneille TOWENDO : Et quel est ce conseil que vous avez aujourd’hui pour nos aspirants entrepreneurs et nos entrepreneurs qui sont super impatients aujourd’hui ? Comment vous arrivez à surmonter cette faiblesse là aujourd’hui ?  

Sobel Aziz Ngom : Aujourd’hui ce que moi j’essaye de me dire et que j’essaye de faire est de prendre les choses plus avec un point de vue stratégique, c’est-à-dire quand j’ai besoin que quelque chose soit fait en septembre bon souvent je les commençais en septembre mais maintenant je le fais beaucoup plus tôt. Donc il y a beaucoup de petits outils mais surtout je prends aussi les choses comme des investissements c’est-à-dire une demande que je fais aujourd’hui pour obtenir quelque chose en septembre, si je ne l’ai pas en septembre, ce n’est pas quelque chose de perdue, j’essayais de maintenir un certain lien pour que je l’ai en septembre de l’année prochaine, parce que je sais et j’anticipe le besoin que j’aurai en septembre de l’année prochaine. Donc voilà je pense que ce sont des choses comme ça.  

Corneille TOWENDO : Et quelle est cette habitude aujourd’hui que vous aimeriez avoir et que vous n’avez toujours pas maitrisée Sobel ?

Sobel Aziz Ngom : C’est difficile à avouer, mais je dirais la rigueur. Je suis quelqu’un qui fait beaucoup de choses et qui aiment ça, des choses variées qui nécessitent une certaine flexibilité, une certaine disponibilité et puis une certaine intuition. Qui ne va pas forcement de pair avec la rigueur bien que la rigueur est nécessaire pour atteindre certains objectifs. Donc je pense qu’il faut savoir bien s’entourer, qu’il faut savoir travailler avec les bonnes personnes, et qu’il faut avoir je pense une bonne conscience de ce que l’on est, de nos points forts et de nos points faibles, et travailler à améliorer nos points faibles et dans le cas échéant, s’entourer de personnes qui peuvent les couvrir.

Corneille TOWENDO : J’aime beaucoup ce que vous venez de dire et qu’est-ce qui inspire présentement et vous pousse à l’action ? Ça peut être une personne, ça peut être un projet sur lequel vous travaillez ? Qu’est-ce qui inspire présentement et vous pousse à l’action ? 

Sobel Aziz Ngom : Ce qui m’inspire et me pousse à l’action, c’est plus un contexte et une situation plutôt qu’une personne ou un projet. Je vis dans un environnement où je côtoie beaucoup de gens, je côtoie beaucoup de jeunes, je suis face à certaines réalités en tout cas je les vois autour de moi et ce sont ces réalités, ces constats qui me poussent à l’action notamment celui de la question de l’émancipation des jeunes d’où mon engagement aujourd’hui autour de ce qui concerne le leadership et l’entrepreneuriat, comment favoriser un écosystème où les jeunes peuvent se développer, développer leurs esprits, développer leurs compétences afin d’être eux-mêmes des acteurs du changement parce que je crois comme la devise de Ashoka, cette organisation que je représente ici, everyone a change makers, on rêve d’un monde où tout le monde est un acteur du projet et pour moi c’est possible. Et il faut qu’on travaille comme ça a tout niveau, quel que soit le niveau de responsabilité, toute personne dans sa prise de choix, tiendra en compte d’autres éléments, que les éléments business, mais des éléments qui relèvent de l’humanité, des éléments qui relèvent du social, de l’impact et de la construction nationale. Voila.

Corneille TOWENDO : Ben j’espère que cher entrepreneur et aspirants entrepreneurs vous réécouterez cette partie plusieurs fois parce que moi elle m’a beaucoup inspirée et c’est une partie que je vais réécouter parce qu’elle est vraiment noble et ce sont des actions nobles que chaque africain devrait prendre pour que l’Afrique commence à évoluer, à aller dans le sens où nous voulons que l’Afrique aille. 

Racontez-nous à présent l’histoire de ce que vous considérez comme étant votre pire moment entrepreneurial, M. Ngom.

Sobel Aziz Ngom : Je crois que j’en ai plusieurs, je vais raconter la première parce que je pense qu’elle a eu plus d’impact sur moi. C’était au tout début, en 2008 ou 2009, j’ai organisé un projet qui s’appelle Objectif BAC suite à un constat des étudiants d’une ville du Sénégal, la ville qui avait les moins bons résultats au baccalauréat l’année d’avant et j’ai assisté et j’ai mobilisé une vingtaine d’amis. Nous sommes allés dans cette ville pendant deux semaines et nous avons fait travailler les étudiants volontaires, ils étaient 81 à avoir travaillé avec nous cette année-là et nous avons donc fait un programme de renforcement de capacité et de renforcement psychologique par rapport au stress et puis à la confiance en eux par rapport à l’examen qui approchait et qui était quelque part le but de leurs vies pour beaucoup et qui étaient difficile d’accès pour de nombreuses raisons. Alors nous l’avons fait la première année dans cette ville et ça a bien marché, nous avons voulu la faire l’année d’après dans une autre ville et je me souviens que dans le document de présentation, on parlait un petit peu du contexte, dans le contexte on avait parlé des grèves enseignantes qui ne favorisent pas etc… Donc quand nous sommes allés dans cette deuxième ville pour le faire donc tout était organisé etc… l’administration nous avait donné son accord de principe et nous sommes arrivés, donc nous étions vingt, nous avions eu une première rencontre avec le corps enseignant, qui pratiquement nous a chassé et nous a traité de tous les noms comme quoi, on remettait en cause leur légitimité et leur profession etc… et sur le moment j’ai absolument pas compris et je me suis dit voilà encore des gens contre des initiatives qui ne viennent pas d’eux, ce que je pense encore légèrement mais je pense qu’il n’y avait autre chose et ce sont des choses qu’on apprend sur le terrain, de ses erreurs et je pense qu’en effet il faut faire les choses beaucoup plus stratégiquement que ça, quand on a besoin en tout cas de l’approbation de quelqu’un, on ne peut pas se permettre d’une certaine façon de dire des choses qui ralentiront son approbation, pour faire quelque chose de bien. Et je pense que cet échec, donc on a été renvoyé du lycée, on n’avait pas le droit de rentrer dans les murs du lycée, donc ça c’était un gros échec. Mais comme je l’ai dit, il y a un état d’esprit et cet état d’esprit c’est soyons solution et on a trouvé une solution, on a loue une petite maison à côté du lycée, pratiquement en face et on a mis une pancarte et donc les étudiants quand ils sortaient du lycée ils venaient nous trouver dans cette maison, je pense que j’ai eu d’autres coups durs, je pense que j’ai bâti justement voix des jeunes, le projet que je gère en ce moment en émission télé, était initialement un autre programme qui portait un autre nom qui était censé être accompagner par une grande organisation francophone, les choses avaient été bâties, un accord de principe avait été donné pour faire le programme dans à peu près une vingtaine de pays francophones, donc beaucoup de travail avait été générer à ce moment-là et puis au dernier moment, on reçoit une note de cette organisation qui dit qu’elle n’a finalement pas les ressources financières pour nous accompagner donc c’était pratiquement un an de travail, plus de 4 personnes qui ont travaillé dessus et puis on avait aucune autre perspective, c’était un coup assez dur, et voilà ensuite on se relève, puis on revoit les choses à une échelle plus petite, plus maitrisable, et donc on a lancé aujourd’hui Voix des Jeunes au Sénégal, qui va aller finalement dans le sens croissant c’est-à-dire, au lieu de commencer francophone ou régional, ou continental, on va commencer local et l’année prochaine on va porter le projet à une échelle régionale en le faisant dans trois autres pays.

Corneille TOWENDO : Waouh j’aime beaucoup ta manière de résumer la chose et en même temps de donner une leçon. Ce n’est même plus la peine de te demander quelles sont les leçons que tu as tirées de ces évènements marquant de ta vie ou quels sont les conseils que tu as pour les entrepreneurs ou aspirants entrepreneurs qui nous écoutent parce que par exemple avec la Voix des jeunes on voit que au lieu de commencer avec vingt pays à la fois, la tu as commencé avec le Sénégal, donc c’est le projet pilote qui est en train de très bien marcher au Sénégal et je pense que la lorsque tu seras en train de te lancer dans d’autres régions de l’Afrique francophone, ce ne sera pas plus difficile que ça été au Sénégal. Qu’est-ce-que tu en penses ?  

Sobel Aziz Ngom : Je pense que ce sera plus difficile mais à un autre niveau de difficultés, mais bon le plus difficile je pense que c’était de faire la preuve que le projet était un projet crédible, que le projet était capable d’avoir un impact positif sur une couche entière de la population et de prouver que le projet était viable. Je pense que ça c’était des aspects difficiles qui ont été plus ou moins résolu à ce moment-là, au Sénégal. Après c’est toujours une question de moyen, c’est un projet qui coûte cher, on parle de centaines de milliers de dollars et il faut le mobiliser. Quand on le fait dans un pays, il faut le mobiliser une fois mais quand on le fait dans quatre pays, on le mobilise quatre fois. Il y a beaucoup d’enjeux, beaucoup de difficultés, beaucoup de risques mais comme je le dis tantôt, on est des fous, je pense qu’il faut avoir un état d’esprit de gladiator et se dire que voilà tant qu’on n’est pas mort, il faut qu’on continue à se battre.

Corneille TOWENDO : J’aime beaucoup et j’espère que chers aspirants entrepreneurs et chers entrepreneurs qui êtes en train de nous écouter, vous êtes en train de prendre note. Racontez-nous à quel moment et comment vous est venue cette étincelle-là, sur laquelle vous avez bâti la voix des jeunes et d’autres projets sur lesquels vous avez travaillé.

Sobel Aziz Ngom : Ben je vais commencer par le commencement, comme je l’ai dit tout à l’heure, en 2008, 2009, on avait fait un projet donc Objectif Bac, je vous explique le contexte. L’année de mon Bac donc 2008, j’ai fait un stage et ce stage m’a amené en milieu rural donc à Diofdior où sur le chemin retour j’ai croisé quelqu’un que je connaissais, que j’ai connu dans mon enfance, et je me suis arrêté pour discuter avec lui quelques minutes. Bon ensuite les gens de la voiture me mettaient la pression donc je résidais encore chez mes parents, donc j’appelle mes parents pour leur dire est-ce que je peux rester dans cette ville le weekend je reviendrais, et je suis resté trois semaines. Parce que je pense que c’était un manque que j’avais, le manque de connaitre autre chose que la maison, mon quartier, ma ville, bon bien entendu même si tu vas en vacances ailleurs ce n’est pas pareil. Là, c’était tout seul pour la première fois dans un environnement que je ne maitrisais pas et que je ne connaissais pas et c’était je pense le déclic de beaucoup de choses parce que je pense comme je le disais c’était pendant la période du Bac, le Bac qui est un examen au Sénégal qui devient un peu comme un doctorat, tellement il est difficile à avoir. Et donc j’ai assisté aux résultats du Bac et je pense que c’était le premier gros choc de ma vie, la première fois que j’ai été aussi fortement conscient des inégalités, de l’injustice sociale qui existaient dans mon pays et je pense que c’est de-là, qu’est venue ma première intention de créer quelque chose pour contribuer à l’amélioration de tout ça. Donc j’ai créé ce projet Objectif Bac, où je me suis dit bon ces étudiants ils ont quelles difficultés, ils n’arrivent pas à avoir le Bac et le Bac c’est le début de tout, pourquoi ils n’arrivent pas à avoir le Bac parce que très souvent ils ne sont pas pousser par leur famille, parce que le corps enseignant ne favorise pas nan plus, enfin on ne va pas généraliser mais une grande partie du corps enseignant est assez souvent en grève, où ne participe pas, où n’a pas l’implication dont ces étudiants ont besoin. Donc on s’est dit qu’est-ce qu’on peut faire ? Donc on s’est dit avec quelques amis extrêmement dévoués et engagés, qu’on allait créer un projet où on allait se rendre dans cette zone, un mois avant le Bac, pour travailler avant les étudiants à peu près deux à trois semaines près de 15 à 18h par jour avant le Bac, je me souviens, on avait même pas de maison, on dormait sur le toit du centre de jeunesse dans la ville de Diofdior, on était à peu près une vingtaines, 12 garçons et 8 filles, et on a passé donc 15 jours à travailler avec eux, nuit et jour, à les encadrer, on avait des étudiants puisque c’étaient des bacheliers passés qui avaient un bon niveau dans différentes matières, et qui facilitaient ces matières-là, et on a eu sur les 81 personnes qu’on a encadré, plus de 43% qui ont réussi. Ce qui était supérieures à la moyenne du lycée, qui était, elle, de 23%. Donc on s’est dit wow c’est une bonne chose et on a réussi à faire quelque chose d’intéressant, refaisons-le l’année prochaine. Et donc on la refait l’année qui a suivi, et ça a encore monté le taux, parce qu’on avait d’une part un accompagnement académique, pédagogique, mais d’autre part un accompagnement psychologique et moral. On les poussait, on les boostait, on voulait les durcir par rapport à leurs capacités de pouvoir réussir, et je peux dire de façon très modeste que ça a marché dans un sens et même aujourd’hui au sein de Social Change Factory, on travaille avec deux d’entre eux qui viennent de ce village et qu’on a accompagné dans objectif Bac et qui aujourd’hui, sont en train de faire des choses extraordinaires. Voilà donc de là, est venu mon premier déclic, de cette situation-là. Et depuis il est resté aligner toujours autour de la jeunesse, toujours autour des questions de jeunesse, des questions d’éducation, des questions de développement, de leadership, d’entrepreneuriat des jeunes. Voilà, c’est ce qui pousse aujourd’hui et c’est ce qui a poussé à la création de la voix des jeunes en 2012, sur un aspect plus politique si on veut, dans le sens où c’était les élections je ne vais pas dire politique, je vais dire publique. C’était au tour des élections donc on a fait une grosse campagne de sensibilisation web et physique, on a fait une caravane dans 14 villes, on a interagit entre le web et physique de plus de 200 000 jeunes, qui posaient des questions sur comment on fait pour voter, où est-ce que je peux avoir ce papier, où est-ce qu’il faut que j’aille m’inscrire, si je vote pour lui, je dois me baser sur quoi etc… Donc c’était une grosse campagne, on avait fait ça, et j’ai travaillé sur plusieurs projets, pour Oxfam, pour la fondation Rockefeller, pour Ashoka où je travaille toujours en plus de ma fonction à People Input, et j’ai créé ensuite Social Change Factory qui est la première grosse pierre qui est posée à l’édifice de quelque chose dans le sens où, je me suis dit à un moment donné, je ne peux plus continuer de faire des choses à droite, à gauche, il faut créer un label, bâtir une crédibilité, bâtir une notoriété et des références sur la base de choses qui ont eu un impact positif et donc, on a créé Social Change Factory qui désormais va porter toutes ces initiatives, portées par moi ou des amis entrepreneurs, n’importe qui au fait quelque part qui a un projet, innovant, qui partage notre vision et qui a besoin peut être d’une organisation qui a un nom ou en tout cas qui est en train de s’en créer, pour pouvoir le porter.

 

Corneille TOWENDO : Ben que chers entrepreneurs et aspirants entrepreneurs, vous êtes en train de noter ces ressources très importantes mentionnées par M. Sobel Aziz Ngom, et je tenais à vous mentionner que toutes ces ressources seront disponibles sur la page qui lui sera dédiée, vous pourrez aller sur cette page et récupérer tous les liens pour facilement entrer en contact avec lui ou avec ces organisations.

Qu’est-ce qui vous a retenu durant un très bon moment et qui vous empêchait de devenir entrepreneur ?

 

 Sobel Aziz Ngom : Je ne sais pas si je peux dire que quoi que ce soit m’ai retenu mais j’ai commencé à entreprendre à 17 ans. Par contre ce qui m’a empêché d’entreprendre avant ce serait peut-être mon immaturité, ou peut-être tout simplement mon ignorance par rapport à beaucoup de choses. Voila

Corneille TOWENDO : Euh je suis sûr que beaucoup de gens vont se retrouver à l’intérieur de ce que vous venez de dire parce que je m’y suis retrouvé un tout petit peu. Et quel est ce conseil que vous avez reçu en tant qu’entrepreneur d’un de vos mentors ou dans un livre qui vous a vraiment inspiré, boosté, motivé, que vous aimeriez partager avec notre audience ?

Sobel Aziz Ngom : Alors j’ai un conseil que ma mère me dit depuis plusieurs années et je pense que je l’ai compris que récemment Sobel ne fait jamais une chose qui peut te faire honte demain, pas que tu vas regretter mais qui peut te faire honte demain. Et en fait ça résume tout, c’est-à-dire ne fait rien qui puisse être mauvais, ou qui ne soit pas aligner avec ta conscience et tes convictions. Et je pense que c’est fondamental, ça nous permet au quotidien et face à tous les défis, de savoir quel choix on fait, en choisissant la voix de gauche voici ce qui pourrait éventuellement arriver demain, et peut-être me nuire ou nuire à d’autres, et en choisissant la voix de droite, même chose et donc faire son choix de manière plus équilibrée, objectif, et consciencieux et peut-être un autre conseil qui me vient d’un mentor, mon premier conseiller, un tonton qui a officié un peu de père pour moi, qui me dit souvent, entreprendre, en tout cas quand on fait quelque chose de bien pour les autres, on est le premier gagnant avant les autres et je pense que ça renforce parce que très souvent on se dit oui mais je fais du social, je gagne pas d’argent et je fais ceci mais je ne génère pas cela, ou je suis très généreux mais on ne me rends pas,  mais tout ce que l’on donne de nous-même à d’autres ou tout ce que l’on fait pour d’autres, le premier bénéficiaire ce n’est pas l’autre c’est moi parce que ça gratifie ou ça récompense, mon intention, mon action et donc mon bien être personnel et ma conviction et je suis heureux d’avoir fait ce que je crois devoir être bon à faire, et ça je crois que c’est fondamental et ça vaut plus, bien entendu l’argent est incontournable pour bien d’autres raisons, je ne dis pas non plus que je suis un agent humanitaire qui ne fait rien pour l’argent c’est totalement faux. Mais je dis que lorsqu’on fait quelque chose auquel on croit, parce qu’on juge que c’est quelque chose de bien, on est le premier à en bénéficier souvent de façon moral mais on est quand même le premier à en bénéficier quand on s’engage dans sa communauté c’est bon d’abord pour nous parce que ça renforce nos convictions à nous, ça développe notre leadership à nous, ça développe d’abord beaucoup de choses pour nous et ensuite ça profite aux autres et c’est vraiment important que les gens comprennent ça que s’engager ce n’est pas renoncé à soi-même pour les autres mais, c’est s’engager pour les autres, en se construisant soi-même.

Corneille TOWENDO : En tout cas je n’ai rien à ajouter à ce que M. Sobel vient de nous dire et j’espère que vous êtes en train de noter, chers entrepreneurs et aspirants entrepreneurs. Partagez l’une de vos habitudes personnelles qui contribue à votre succès ça peut-être une habitude, ça peut-être une attitude.

Sobel Aziz Ngom : Alors elle a un double effet. Beaucoup de gens pensent que je suis quelqu’un qui me prend beaucoup au sérieux mais pour répondre l’habitude qui contribue à mon succès par rapport à moi-même c’est le fait que je peux être blanc et noir, c’est le fait que je suis extrêmement flexible, je peux être en costume le matin en short l’après-midi, et je suis quelqu’un qui aime l’humour, j’aime rigoler, j’aime plaisanter et donc quel que soit le contexte je pense que j’arrive à relativiser les choses donc voilà, je pense que c’est quelque chose qui me fait du bien quand tout le monde est stressé, je balance une blague, ou je rigole, et les gens qui me connaissent bien me traitent de vrai… on est à l’antenne.  

Corneille TOWENDO : Je me retrouve beaucoup dans ce que M. Sobel vient de dire, pour ceux qui me connaissent aussi ils savent que je suis un vrai… Et je pense que c’est bon d’avoir des gens comme ça dans les parages, c’est bon de relaxer, et de rendre la vie du bon côté. Partagez avec nos auditeurs aussi une ressource que vous utilisez souvent et qui vous aide dans votre vie entrepreneuriale, ça peut-être une application, une machine, Drop box, Google Drive, racontez-nous un peu.  .

Sobel Aziz Ngom : Alors ce que j’utilise souvent c’est d’abord mon ordinateur, et j’utilise beaucoup Evernote, l’application qui synchronise mes notes sur mon pc et mon téléphone. 

Corneille TOWENDO : Quel livre recommanderiez-vous à nos auditeurs pour les pousser à l’entrepreneuriat et les pousser à l’action?

Sobel Aziz Ngom : Alors j’ai beaucoup aime un livre qui s’appelle ‘Comment changer le monde’ un livre extrêmement intéressant et inspirant, que je vous recommande à tous, il y a aussi The lean startup qui est un livre pour les entrepreneurs aujourd’hui, qui est vraiment une référence, un livre de chevet pour les entrepreneurs, un modèle révolutionnaire d’entrepreneuriat qui sert forcement dans une certaine mesure a tout entrepreneur.

Corneille TOWENDO : Ben c’est déjà très intéressant chers entrepreneurs et aspirants entrepreneurs toutes ces ressources seront disponible sur la page de Sobel Aziz Ngom.

Et pour terminer merci de donner un ou quelques conseils à la jeunesse africaine toute entière qui nous écoute pour les pousser à l’action ou les pousser à l’entrepreneuriat.

Sobel Aziz Ngom: Rien n’est impossible jusqu’à ce que cela ne soit fait. Nelson Mandela

Corneille TOWENDO : Et pourquoi ce conseil?

Sobel Aziz Ngom : Tout simplement parce qu’on est dans un contexte où on ne rêve plus, dans un contexte où rien ne stimule nos rêves, c’est pour ça qu’on ne rêve plus ni médiatiquement, ni socialement, ni politiquement, et que le rêve est à la base des plus grandes créations et réalisations humaines. Et je pense qu’on doit s’accorder le droit de rêver, on doit rêver haut et fort parce que c’est en essayant d’atteindre nos rêves que l’on créera de belles choses voilà, et je pense que l’Afrique a besoin de rêveurs,  autant que d’acteurs, mais ce sont les rêves qui poussent les actions et je pense qu’on a tellement de défis qu’il serait dommage de copier-coller les rêves des autres parce que le résultat ne sera pas bon et ça se voit déjà, il faut qu’on rêve africain, il faut qu’on rêve ensemble et ensemble je pense que la seule limite sera le ciel.

Corneille TOWENDO : J’aime beaucoup et je ne rajoute rien à tout ce que Sobel Ngom vient de nous dire, rien à rajouter, juste excellent. Alors comment est-ce que nos auditeurs peuvent enfin vous contacter ou contacter l’une de vos organisations M. Sobel.

Sobel Aziz Ngom : Alors beaucoup de moyen, c’est assez simple, déjà par exemple en ce qui concerne voix des jeunes, ils peuvent nous contacter à travers notre site web http://www.voixdesjeunes.org , notre page Facebook vois des jeunes qui est très dynamique, et très réactive, quand on nous envoie des messages, je suis sur Twitter Sobel Ngom, sur Skype sobel.ngom, sur Facebook Sobel Ngom, bon je suis pas difficile à trouver je crois sur les réseaux sociaux et très excité à l’idée d’échanger toujours avec de nouveaux entrepreneurs pour avoir d’autres idées sinon on peut me joindre aussi au mail sngom@ashoka.org tout ce qui concerne les programmes de développement, et l’accompagnement des entrepreneurs.

Corneille TOWENDO : Ça marche, en tout cas beaucoup de ressources pour entrer en contact avec M. Sobel ou l’une de ses organisations et bien on va terminer en disant merci à M. Sobel Aziz Ngom pour avoir partagé avec nous ses expériences, ses conseils, et ceux de sa maman et on vous dit à très bientôt et portez-vous bien.

Sobel Aziz Ngom : Merci Corneille pour cette invitation, c’est un vrai plaisir d’avoir eu l’honneur de participer à ton émission, à qui je souhaite beaucoup de succès parce que je pense que c’est une initiative entrepreneuriale, c’est dommage que tu ne puisse pas t’interviewer toi-même mais tu en as tout le mérite, bravo.

Corneille TOWENDO :   Merci Mr Ngom et à très bientôt.

Sobel Aziz Ngom : A très bientôt Corneille.

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By | 2017-05-13T19:45:16+00:00 octobre 5th, 2015|100-Audio-Podcast, Podcasts-EEAction|