015 – Youssou Ndiaye de OuiCarry sur EntrepreneurEnAction

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Bonjour chers amis entrepreneurs et aspirants entrepreneurs et bienvenue sur EntrepreneurEnAction.com, où je discute avec les entrepreneurs africains qui évoluent et s’en sortent en Afrique. Vous pouvez accéder à notre site web en tapant entrepreneurenaction.com ou eeaction.com alors préparez-vous à l’action.

C’est avec plaisir que je me présente Corneille TOWENDO  fondateur et hôte d’EntrepreneurEnAction et je suis très heureux d’introduire notre invité d’aujourd’hui M. Youssou Ndiaye.

Corneille TOWENDO : Alors M. Youssou Ndiaye, êtes-vous prêt à motiver nos auditeurs à l’action ?

Youssou Ndiaye : Tout à fait, je suis prêt, on y va!

 

Corneille TOWENDO : Youssou Ndiaye est né à Dakar en 1981, il a fait son cycle primaire et secondaire à Dakar, après le Bac en 2002 obtenu au Lycée Thierno Seydou Nourou TALL, il est parti en France pour poursuivre ses études supérieures en Maths appliquées et modélisation. Après ses études, il retourne au Sénégal en 2009 pour entamer une enrichissante aventure entrepreneuriale.

Alors M. Youssou Ndiaye, prenez une minute et complétez l’introduction que j’ai donnée de vous et donnez-nous un petit aperçu de votre vie personnelle.

Youssou Ndiaye : Euh donc la présentation que vous avez faite est relativement précise, ce que je peux juste apporter c’est qu’après le Bac, je suis parti à Toulouse où, j’ai fait une Prepa-Duc, qui est un double cursus, ensuite à Lyon pour faire une école d’ingénieurs en Mathématiques appliquées, et ensuite je suis revenu ici après mes études pour justement entreprendre et puis ce qui est important c’est que je ne me suis jamais mis dans une position où je cherchais de l’emploi, je n’ai jamais pensé à déposer un cv, à chercher du travail ou à déposer un cv quelque part, donc en revenant au Sénégal c’était très précis dans ma tête, c’était très clair, je voulais entreprendre parce que tout simplement durant mon cursus universitaire j’avais eu des expériences d’entreprises, des expériences entrepreneuriales, qui m’ont inspiré et qui m’ont donné le goût de l’entrepreneuriat. Donc euh voilà.

Corneille TOWENDO : Parlez-nous un peu de votre retour sur Dakar, quelle est cette entreprise ou quelles sont ces entreprises que vous avez mises en place?

Youssou Ndiaye : Alors en quittant la France comme je vous l’ai dit, j’avais une idée très précise de ce que je voulais faire. Donc entreprendre, donc c’est avant de rentrer, pendant les derniers moments de ma vie en France, nous avons avec un ami, nous avons monté un projet qui s’appelle Speed Mail Service, donc c’est un service de livraison de courrier, de courses urbaines, ici dans la ville de Dakar. Donc nous avons travaillé sur ce projet-là, avant de revenir. Et avant de quitter la France, nous avons déposé, nous avions participer à un concours d’entrepreneuriat de jeunes africains qui étaient innovateurs, donc le concours s’appelait ABC inventions, donc nous avons déposé le dossier là-bas et puis nous sommes rentrés, nous avons commencé à travailler sur Speed Mail Service et c’est quelques temps après notre retour qu’on nous a appelle pour nous dire qu’on était lauréat du concours. Alors ça nous a beaucoup aidé parce qu’en arrivant, on espérait vraiment beaucoup, des gens nous avait promis du financement, de nous aider, mais bon, tout le monde nous a fait faux bond, heureusement que nous avions déposé à ce concours là et nous avions gagné une petite somme, qui nous a permis de vraiment débuter notre entreprise Speed Mail Service qui a aujourd’hui cinq ans. Et par la suite, chemin faisant nous avons créé une autre entreprise qui s’appelle OuiCarry en collaboration toujours avec un autre promo qu’on a connu en France, donc Ouicarry permet aux internautes africains d’acquérir des produits sur tous les sites du monde entier en fait, Oui carry se charge de faire l’achat et d’expédier le produit jusqu’au domicile du client puisque les sites en Europe, en Occident et en Amérique, non seulement ne livrent pas jusqu’en Afrique mais aussi très peu de consommateurs africains ont des cartes bleus, visas, pour pouvoir acheter sur internet. Donc OuiCarry c’est un service tampon entre les sites de E-commerce partout dans le monde et les consommateurs qui sont ici en Afrique.

Corneille TOWENDO : Ben je vois déjà un peu d’où est venue l’inspiration de créer OuiCarry, ils ont identifié un problème, que beaucoup d’entre nous avons remarqué ici en Afrique c’est carrément impossible dont vous avez besoin sur un site à l’international et l’acheter à l’international, aux États unis ou en France, et vous le faire livrer chez vous, au Sénégal, au Bénin ou au Cameroun c’est vraiment impossible. Alors OuiCarry est tout simplement la solution à cela.

Alors idéalement, comment passez-vous vos matinées? Vous faites du sport? Vous vous mettez au travail directement? Qu’est-ce que vous faites le matin?

Youssou Ndiaye : Alors dès que je me lève, je vais directement au travail. Parce qu’en fait le métier dans lequel nous sommes, c’est de la logistique. Donc le matin, il y a des départs de colis, donc il faut préparer tous les colis qui doivent être livrer bon, on le fait la veille mais tout le temps le matin, il y a une petite tension pour que les coursiers partent à temps et puis qu’on puisse respecter les délais de livraison, qu’on puisse programmer et bien organiser les tournées, donc le matin c’est un peu show time, je n’ai pas beaucoup de temps pour moi, donc je viens directement au bureau et c’est peut-être vers onze heures, midi, que je suis un peu plus libre parce que les gens sont partis et puis bon là aussi je continue à travailler parce qu’à part le travail de terrain, il y a beaucoup de back office, parce qu’il y a beaucoup de traitements de mails, il faut répondre au téléphone, il faut renseigner les clients sur leurs délais de livraisons, les colis etc… Donc je peux dire que je passe ma journée au bureau sauf en cas exceptionnel, parfois on a des rendez-vous à gauche à droite qu’on doit honorer, mais bon pour l’instant, je fais beaucoup d’opérationnel. Et c’est à la fin de la journée que j’ai un peu de temps, à partir de 18h, c’est là que je m’adonne à des activités, je vais au sport, parce que aussi dans mes heures perdues, je suis artiste parce que je fais du slam, donc je suis slameur, et donc des fois on anime des soirées slams dans Dakar, donc les soirées et les weekends. Donc ce sont principalement mes activités, boulot toute la journée, sport à partir de 18h et la soirée je suis artiste.

Corneille TOWENDO : Et quelle est votre plus grande force aujourd’hui en tant qu’entrepreneur M. Youssou Ndiaye?

Youssou Ndiaye: Alors une force ici en Afrique, c’est peut-être ma patience. Parce que c’est un marché où il faut être patient et savoir que rien ne se construit en un seul jour, il faut accepter au début de souffrir, c’est le mot, parce qu’on souffre beaucoup quand  on commence et cette souffrance-là, peut durer quelques années, ça peut durer 5 ans, ça peut durer 10 ans, donc il faut être très patient. Il faut être serein et puis avoir une vision bien claire, une idée bien claire de ce que l’on veut faire et s’y atteler et se mettre sur le chemin, et je le répète, être patient ça finit toujours par payer. Parce qu’à force d’être patient, on acquiert une certaine expertise unique sur le marché et après on peut devenir relativement incontournable, surtout dans le secteur dans lequel nous sommes, le E-commerce, c’est un secteur tout nouveau donc là, on commence à avoir de vrais galons et ça nous le devons à notre patience et à notre persévérance.

Corneille TOWENDO : Ben j’aime beaucoup ce que M. Ndiaye vient de dire et je note beaucoup la patience. Et quelle est votre plus grande faiblesse aujourd’hui en tant qu’entrepreneur, M. Ndiaye?

Youssou Ndiaye: Alors une faiblesse qui serait personnelle, je suis peut-être naïf, je pense toujours que je peux changer le monde, bon malheureusement tous les jours les évènements mais j’insiste et je persiste parce que je suis persuadée que malgré la dure réalité des choses, malgré les difficultés, malgré le contexte, on a besoin de gens qui rêvent, on a besoin de rêveurs, on a besoin des gens qui pensent, qui imaginent et qui tentent de construire un meilleur avenir pour demain, on puisse espérer quelque chose et moi j’ai choisi délibérément de faire partir de ce camp-là, et j’avoue, c’est une position personnelle, c’est un choix que j’ai fait mais c’est pas très facile parce que tous les jours, il y a des évènements qui nous rappellent qu’il faut avoir un autre comportement mais j’insiste et je persiste, ça fait partie de ma nature.

Corneille TOWENDO : Et quel est ce projet qui vous inspire présentement et vous pousse à l’action ?

Youssou Ndiaye: Au début on a créé Speed Mail Service qui continue toujours de fonctionner mais là, le projet sur lequel nous travaillons le plus c’est vraiment OuiCarry parce que c’est secteur qui a du potentiel, c’est le E-commerce. Ce n’est pas pour rien que de grands groupes du E-commerce en Afrique, le Nigeria, le Sénégal, la Cote d’ivoire etc…  Parce que tout simplement il y a du potentiel, on a une population jeune, un taux de pénétration de l’internet qui est très intéressant, maintenant il faut juste espérer que les couts d’accès à internet baisse en Afrique, bon au Sénégal c’est déjà très intéressant par rapport à certains pays d’Afrique, mais il faut que ça baisse encore plus et puis autre chose c’est un peu le pouvoir d’achat des gens bon nous avons des taux de croissance qui redonnent de l’espoir et je pense que d’ici quelques années, dans un moyen terme, d’ici 5ans, ça va être un secteur très porteur donc c’est vraiment ça qui nous fait courir en ce moment-là et plus fondamentalement comme je l’ai dit on veut que l’Afrique avance et l’Afrique bouge et ça c’est important. C’est un projet très important pour nous.

Corneille TOWENDO : Ben c’est très bien notée, je crois que beaucoup d’entrepreneurs et aspirants entrepreneurs qui nous écoutent vont se reconnaitre dans ce que vous venez de dire. Et racontez-nous l’histoire de ce que vous considérez comme étant votre pire moment en tant qu’entrepreneur.

Youssou Ndiaye: Le pire moment, c’est quand on venait de débuter, deux ans après notre début, c’était en 2011, nous avions eu un marché très intéressant, très juteux avec un service de l’Etat sénégalais, donc nous sommes allés comme ça. On avons eu l’information selon laquelle ils cherchaient une entreprise pour gérer leur service de livraison de courriers, spontanément nous nous sommes présentés à la Direction, nous avons dit ce que nous faisons et comme c’était très urgent, on a consulté, après les procédures administratives, on a eu le marché mais c’était un marché très intéressant. Alors on avait des fonds pour débuter mais il nous fallait un accompagnement d’institutions ou de gens puissants qui pouvaient mettre de l’argent. Donc c’est un contrat qu’on devait signer sur 5, 10ans avec une période de test de 6 mois et on a commencé la période de test, parce que ça on pouvait le financer nous-même mais il fallait du cash pour continuer, et on avait le contrat signé et on avait tout et personne n’a daigné nous accompagner sur ce projet-là. Et c’était très dure parce qu’au pire lorsque vous n’avez rien, c’est un peu normal que personne n’accepte de prendre le risque de vous accompagner. Mais lorsque vous avez tout ça, en plus c’est un service de l’Etat, c’était un contrat très juteux sur l’ensemble du territoire national, dans tout le pays et on pouvait à partir de là, régler tous nos problèmes, et devenir une entreprise très florissantes. Mais nous avons tapé à toutes les portes, on a tourné à gauche et à droite, mais personne n’a voulu nous accompagner. Alors c’était tellement dur, parce que pendant cette période-là, nous avions 30 employés, c’était tellement dur de payer les gens etc… qu’à un moment donné, j’ai dit à mes partenaires il faut arrêter, on en peut plus parce qu’on dormait plus en fait. On courait à gauche, à droite, et bon j’ai dit si on ne trouve pas quelqu’un pour nous accompagner, on arrête le contrat. C’était très douloureux, c’était difficile mais on l’a fait. Parce que sinon on risquait même autre chose, on risquait de se retrouver peut-être en prison parce que toutes les fins de mois il y avait des charges qu’il fallait honorer et du point de vue trésorerie c’était tendu connaissant les procédures de paiement de l’Etat, c’est un peu long. Donc il nous fallait du cash et personne ne nous a apporté. Donc douloureusement, nous avons mis fin à ce contrat.

Corneille TOWENDO : Et qu’est-ce que cette expérience-là vous a enseignée ? Et quels sont les conseils que vous pouvez donner à cette audience d’entrepreneurs et d’aspirants entrepreneurs qui nous écoutent aujourd’hui ?

Youssou Ndiaye: Au début, on a envie d’arrêter tout simplement parce qu’on se dit ce n’est pas possible. Et tous les gens qui au début nous disaient ce n’est pas la peine d’entreprendre dans ce pays-là, allez, vous trouver du taf, revenaient pour nous dire vous voyez ce qu’on vous disait et donc eux ils en rajoutaient donc ils augmentaient votre détresse et vous consultaient dans la démarche d’arrêter et de tout laisser tomber. Mais derrière, vous savez, quand vous avez d’autres choses plus fondamentales dans les tripes, c’est-à-dire quand vous avez une foi et un amour très profond en votre pays et en votre continent, vous ne pouvez pas vous arrêter en fait. Et généralement c’est ça qui vous fait renaitre de vos cendres et de continuer à avancer même si on perd de l’argent, même si on ne gagne rien, faire les choses juste, pour le plaisir de bien les faire. Et ça c’est très important parce que lorsque vous perdez tout il n’y a que ça qui vous reste en fait. Ce plaisir de dire je vais faire les choses et je vais bien les faire et ça n’a pas de prix. Donc on peut souffrir, on peut perdre de l’argent, mais il suffit d’un petit moment, d’une action, d’un travail bien fait, ça comble tout. Il faut juste être sincère dans ce que l’on fait. Pour moi c’est fondamental.

Corneille TOWENDO : Ben j’espère que chers entrepreneurs et aspirants entrepreneurs qui nous écoutez, vous êtes en train de prendre note parce que vous allez vivre des moments très difficiles dans votre vie et il ne faut pas abandonner. Comme M. Youssou Ndiaye l’a dit, comme le phœnix, il faut savoir renaitre de ses cendres. C’est bien ça ?

 

Youssou Ndiaye: Voilà c’est ça. Il faut tout le temps se relever.

Corneille TOWENDO : Racontez-nous à quel moment et comment vous est venue cette étincelle, cette idée de génie sur laquelle vous vous êtes basés pour monter vos entreprises?

Youssou Ndiaye: Alors l’idée, ça part toujours d’un constat, il faut être très observateur, être à l’afflux et être à l’écoute du marché, c’est juste ça. Il n’y a pas d’idée de génie forcement, un truc que l’on sort de nulle part, il faut juste savoir écouter les gens, suivre le marché et de là on peut voir les besoins de ce marche-là. Et autre chose qui est très important, c’est-à-dire il faut savoir faire les choses ‘at the right time’, c’est-à-dire au bon moment parce qu’on peut avoir une idée qui est excellente maintenant, mais dès qu’on attend un delta t+1, ou t+2, c’est fini, c’est mort. Donc lorsqu’on a l’idée et qu’on a les prédispositions pour commencer, il faut commencer, et beaucoup de personnes ne sont pas d’accord avec moi mais moi, ça j’y crois, je pense qu’il est plus important de commencer que de bien commencer. Voilà parce que pour moi la perfection, c’est une idée, c’est dans la tête, ça n’existe pas, la réalité est toujours bancale et quand on débute on ne peut pas être parfait, c’est impossible, bien évidemment il ne faut pas faire n’importe quoi, mais dès qu’on a le minimum syndical, il faut juste commencer. Parce que c’est en commençant qu’on voit ses erreurs, c’est en commençant qu’on voit ses  limites, c’est en commençant que l’on voit les opportunités, c’est en commençant qu’on acquiert de l’expérience, de l’expertise pour un jour devenir grand tout simplement, donc je répète il est plus important de commencer que de bien commencer. Et ça pour moi c’est fondamental, quand je rencontre des gens qui disent je veux entreprendre, je veux entreprendre, ils y réfléchissent pendant des années, pendant des années, alors que des fois il suffit de très peu, ils ont tout pour commencer mais ils veulent en commençant devenir très grand et ça, ça ne marche pas parce que la perfection, ce n’est que dans la tête, en fait, c’est une idée, ce n’est pas la réalité.

Corneille TOWENDO : Savoir commencer petit ! C’est comme ça que je vais résumer ce que M. Youssou Ndiaye vient de dire et quel est ce conseil là que vous avez reçu en tant qu’entrepreneur et que vous aimeriez partager avec notre audience ?

Youssou Ndiaye: Euh bon, j’avoue que je suis un peu solitaire que je suis un peu solitaire dans mes idées, dans ma perception des choses. Donc du coup, je n’ai pas forcement de mentor ou des gens plus expérimentés avec qui je discute, même si c’est utile, c’est super utile, alors j’ai plutôt par contre d’autres références, c’est à dire que par exemple, le fait d’avoir lu Cheikh Anta Diop a vraiment, a littéralement changé ma vie en fait. Parce que ça a changé la perception que j’avais d’abord de moi-même, ça c’est fondamental, la perception que l’on a de soi et nous africains nous avons un vrai handicap à ce niveau-là. Parce que globalement on pense que l’on ne sait rien faire et en lisant Cheikh Anta Diop je me suis rendu compte qu’il y avait beaucoup de choses qui étaient fausses et que j’ai apprises de lui, que nous, africains, nous pouvons faire et nous pouvons bien faire et ça c’est une phrase qui résonne toujours dans ma tête, nous pouvons faire et nous pouvons bien faire. Et ça, je marche avec cette philosophie-là, et forcement ça marche. Si les américains sont les plus forts du monde c’est parce qu’on leur a dit qu’ils étaient les plus forts du monde, tout simplement. On leur a dit, vous êtes les plus forts du monde et ils appliquent ce leadership-là, qu’on leur enseigne et moi je pense qu’il faut qu’on pense comme ça, nous pouvons faire, nous pouvons bien faire et là nous ferons de bonnes choses, voilà.

Corneille TOWENDO : Alors partagez avec nous une habitude personnelle qui contribue à votre succès aujourd’hui.

Youssou Ndiaye: Alors une habitude personnelle, c’est vrai que vous me posez des questions auxquelles je n’ai jamais pensées. Alors je ne parlerais pas d’habitude mais d’attitude alors moi je pense qu’il faut réfléchir en solution. Tous les problèmes sont des équations, alors il y a des données et le propre d’une équation c’est d’être résolu, c’est très simple. Quel que soit la complicité de l’équation, il faut qu’elle soit résolue. Maintenant, il y a des équations faciles qui prennent deux secondes et il y a des équations moins faciles qui prennent deux heures et il y a des équations relativement difficiles qui prennent quelques jours et il y a des équations qui prennent même cent ans, deux cents ans par exemple les problèmes de points carrés, il y a des personnes qui l’ont posé il y a des siècles et c’est maintenant que des personnes arrivent à les résoudre. Donc en fait quand on a cet esprit-là, il faut toujours se dire voilà le problème que j’ai, voilà les données que j’ai et tout de suite à priori, se dire je vais les résoudre, tu poses ça et maintenant tu dis comment tu veux les résoudre. Mais dès qu’on se dit olala c’est mort, c’est impossible, on va jamais les résoudre. Mais si on dit je veux les résoudre, il faut juste trouver comment les résoudre. Si tu passes par le chemin A, si ce n’est pas bon, tu retournes, tu passes par le chemin, tu retournes etc… Tu discutes avec les gens à gauche à droite et forcement à un moment, tu vas trouver la solution à ton problème, que ça dure deux heures ou que ça dure trois heures de temps et actuellement nous africains nous avons une équation en face de nous c’est comment avoir un niveau de vie d’égalité avec le reste du monde tout simplement. Et ça tous les jours nous devons nous atteler à trouver cette solution là et puis à la mettre en œuvre et solution qu’on ne va pas forcement plagier, d’ailleurs ça marche pas, il nous faut une voix qui nous est propre et puis qui va sauver l’humanité parce que je pense et ça n’engage que moi la civilisation occidentale a atteint son apogée et elle est en déclin et si on adopte le mode de vie et le mode de consommation qui les a mené à ça. Donc c’est très important que l’on ait une manière de penser, de faire, une manière de voir le monde. Ça, c’est fondamental ! C’est-à-dire quelle est la position de l’Afrique sur tel ou tel sujet et comme ça je reviens nous sommes la dernière chance d’humanité du monde et si on suit les occidentaux, le monde, il est foutu.

Corneille TOWENDO : J’aime beaucoup les dires et les points de M. Ndiaye, je dirais que c’est un grand visionnaire, un homme jeune mais un grand visionnaire. Et partagez avec nos auditeurs une ressource que vous utilisez souvent et qui vous aide dans votre vie entrepreneuriale, ça peut être une application, logiciel.

 

Youssou Ndiaye : Alors il y a beaucoup d’outils, il y a Drop box, que l’on utilise beaucoup et comme nous sommes aussi sur internet, il y a le Google Ad Words que l’on utilise beaucoup pour faire de la pub, il y a les Google Docs aussi c’est pour les Start up qui n’ont pas beaucoup d’argent pour investir dans un système performant, c’est très utile d’autant plus que nous avons plusieurs sites, nous avons plusieurs plateformes, on a un bureau à Dakar, un bureau à Paris, un bureau à Saly, donc ça nous aide beaucoup pour communiquer, échanger les informations et tout le monde peut les utiliser ce n’est pas difficile d’accès.

Corneille TOWENDO : Merci pour cela et quel est ce livre que vous recommanderiez à nos auditeurs pour les pousser à l’entrepreneuriat ou les pousser à l’action tout simplement et pourquoi ce livre ?

Youssou Ndiaye : Alors depuis quelques temps je lis très peu. Et je suis un militant de l’Afrique et je recommande c’est un livre qui a changé ma vie c’est  « Nation Négre et Culture de Cheikh Anta Diop » parce que comme je l’ai dit tout à l’heure cette connaissance qu’on a de soi-même nous permets de nous surpasser dans tous les domaines notamment en entrepreneuriat donc si je recommande un livre ce ne sera pas un livre de Steeve Jobs, ni le livre de Google, ni le livre de personne, je recommande « Nation Négre et Culture de Cheikh Anta Diop ».

Corneille TOWENDO : Ben voici un livre que je vais aller chercher le plus tôt possible, chers entrepreneurs et aspirants entrepreneurs qui nous écoutez j’espère que vous ferez de même et pour terminer merci de donner  quelques conseils à la jeunesse africaine toute entière qui nous écoutent, pour les pousser à l’action et à l’entrepreneuriat. 

 

Youssou Ndiaye : Alors je recommande d’après ma maigre expérience, d’être patient, d’être positif, et très important être sincère et honnête dans ce que l’on fait. Quelqu’un qui se lève et qui cherche juste de l’argent, se démotive vite dès que l’argent ne rentre pas ou dès que l’argent repart. Mais quelqu’un qui est honnête avec  son projet, qui est sincère, qui fait les choses pour bien les faire, non pas calculer ce que l’on gagne derrière mais juste bien les faire, le succès vient toujours après. Parce qu’en fait, vous faites des choses remarquables et vous faites des choses remarquables les gens vous remarquent forcement. C’est aussi simple que ça, il faut ne juste pas essayer de se faire remarquer, il faut juste faire des choses remarquables. Faire des choses de qualité, qui peuvent contenter le public et vos clients et la fortune viendra forcement derrière. Pour moi, ça c’est très important.

Corneille TOWENDO : Tout ce que M. Ndiaye vient de dire me donne le sourire, me booste personnellement et me motive. Je retiens ne cherchez pas à aller crier votre succès sur tous les toits, laisser votre succès faire du bruit pour vous et c’est ce que je viens de retenir de ce que M. Ndiaye vient de dire. C’est bien ça ?

Youssou Ndiaye : C’est important, il faut que les gens se méfient du buzz. Parce que souvent c’est du vent. Alors tambourinez partout, ça ne sert à rien, comme tu dis, si vous travaillez bien, le succès de ce que vous faites va vous apporter le succès personnel tout simplement.

Corneille TOWENDO : Tout simplement chers entrepreneurs qui nous écoutez, ne cherchez pas à faire du buzz, si vous réussissez tout simplement dans ce que vous faites avec passion, simplement des gens comme moi Corneille TOWENDO vont vous trouvez et vont venir faire le buzz pour vous, comme je suis en train de me préparer à faire le buzz pour M. Youssou Ndiaye de OuiCarry.

Et comment est-ce que nos auditeurs peuvent vous contacter ou contacter votre compagnie ou vos compagnies M. Ndiaye.

 

Youssou Ndiaye : Comme nous travaillons sur internet, le site de OuiCarry c’est www.ouicarry.com donc à partir de là, il y a tous les contacts, il y a tous les numéros, il y a les mails aussi je pense et vous pourrez me contacter facilement au sein de mon entreprise.

Corneille TOWENDO : Alors c’est très simple, toutes ces ressources seront disponibles sur la page de M. Youssou Ndiaye qui sera disponible sur EntrepreneurEnAction.com et vous pourrez aussi accéder à la page de Oumar Yam de OuiCarry, l’un des cofondateurs de OuiCarry ou vous pourrez aussi accéder aux ressources qu’il a aussi partagé et aussi aux liens pour accéder aux compagnies de M. Youssou Ndiaye et M. Oumar Yam.  

Et merci Monsieur Youssou Ndiaye d’avoir partagé avec nous vos expériences et cette inspiration et de m’avoir donné le sourire.
Dieu vous bénisse pour cela et à très bientôt.

 

Youssou Ndiaye : Merci beaucoup corneille c’est moi qui te remercie de venir faire cet interview qui je l’espère, sera utile aux entrepreneurs et surtout aux aspirants entrepreneurs. Donc je te souhaite aussi pleins succès dans ton entreprise.

Corneille TOWENDO : Merci Monsieur Youssou Ndiaye.

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By | 2017-04-04T12:59:10+00:00 septembre 30th, 2015|100-Audio-Podcast, Podcasts-EEAction|