012 – Babacar BIRANE de Baobab Entrepreneurship & Concree sur EntrepreneurEnAction

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Bonjour chers amis entrepreneurs et aspirants entrepreneurs et bienvenue sur EntrepreneurEnAction.com, où je discute avec les entrepreneurs africains qui évoluent et s’en sortent en Afrique. Vous pouvez accéder à notre site web en tapant entrepreneurenaction.com ou eeaction.com alors préparez-vous à l’action.

C’est avec plaisir que je me présente Corneille TOWENDO, fondateur et hôte d’EntrepreneurEnAction et je suis très heureux d’introduire notre invité d’aujourd’hui Monsieur Babacar BIRANE.

Corneille TOWENDO : Alors Monsieur Babacar BIRANE, êtes-vous prêt à motiver nos auditeurs à l’action ?

Babacar BIRANE : A fond, en tout cas on va essayer.

Corneille TOWENDO : Très bien. Alors Monsieur Babacar BIRANE est diplômé du prytanée militaire Charles N’TCHORERE, et de l’université de Grenoble en projet et en gestion du changement. Babacar décide de cofonder en 2013 Baobab Entrepreneurship. Baobab Entrepreneurship est une jeune start-up basée au Sénégal et visant à participer au développement économique du pays et de l’Afrique à travers une forte promotion de l’entreprenariat. Baobab Entrepreneurship a conçu une plate-forme digitale, une plate-forme numérique du nom de Concree pour mettre en réseau et accompagner les entrepreneurs.

Alors Babacar BIRANE prenez une minute et complétez l’introduction que j’ai donnée de vous et donnez-nous un petit aperçu de votre vie personnelle.

Babacar BIRANE : Alors d’abord, je te remercie Corneille de m’avoir accordé cet interview en tout cas c’est l’occasion de partager le peu que je peux partager avec mes chers amis aspirants entrepreneurs et entrepreneurs alors quoi dire de plus. J’ai eu la chance d’être admis dès l’âge de 11 ans au prytanée militaire de St Louis. Après mon bac, je me suis envolé à Grenoble pour faire mes études en Project management et conduite du changement. Et ma première expérience entreprenariat je l’ai eu à l’âge de 14 ans au prytanée militaire de St Louis où je marchais jusqu’à l’université Gaston berger, j’achetais des pack de CD et je les rendais à l’unité et je faisais des ventes premium en gravant sur les CD des clips vidéo, c’était à l’époque des 50 cent, des Rnb etc.. C’était aussi à l’époque de l’émergence d’Internet et je savais un peu surfer sur les bons sites, télécharger des jeux vidéo et mettre tout ça dans les CD et les vendre sous forme premium au sein de l’école et je le faisais parce que je suis issu d’une famille qui n’avait pas tous les moyens qu’elle voulait et je voulais qu’à chaque fois que je rentre chez moi, avoir quelque chose à donner à ma mère principalement. Donc j’ai eu cette première expérience, donc quand je suis parti à Grenoble, ce qui m’a marqué c’est qu’un jour je lisais une lettre qui a été écrite par un homme d’affaires pour son fils qui venait d’aller à l’université et cet homme disait à son fils, il y a deux choses que tu peux apprendre à l’université, ce que tu peux apprendre dans la classe et ce que tu vas apprendre en dehors de la classe. Ce que tu vas apprendre dans la classe va faire de toi un savant, ce que tu vas apprendre en dehors de cette classe, va faire de toi un homme et j’ai beaucoup appris de ça. Et c’est la raison pour laquelle j’ai continué à m’engager dans le domaine extra-scolaire et j’ai pu y être assez jeune, le président de l’association des étudiants sénégalais de Grenoble et pendant deux années consécutives et c’est aussi pendant ma deuxième année que j’ai réinitialisé un projet qui s’appelle Don Sud qui permettait de rassembler les étudiants et jeunes diplômés et jeunes cadres sénégalais à Grenoble pour parler d’entreprenariat, d’insertion professionnelle etc.. Je ne l’avais pas fait seul, je l’avais fait avec ma formidable équipe et c’est justement à partir de là d’ailleurs que le projet aujourd’hui Baobab entrepreneurship est né mais on aura peut-être l’occasion de parler de tout ça. Côté expérience professionnelle, j’ai eu la chance de travailler pour de grandes entreprises, Schneider Electric en tant que Junior Supply Chain Manager, j’ai aussi eu l’énorme chance de travailler pour Airbus, notamment pour le dernier programme A350 dont j’étais d’ailleurs là, le jour du premier vol de l’A350 et je m’en souviendrais toujours et c’était une grosse opportunité et j’ai beaucoup appris de ça et ça me sert toujours au niveau de ma startup. J’ai aussi travaillé pour le pool entreprenariat de l’université de Grenoble en tant que chargé d’études pour un nouveau programme destiné aux étudiants entrepreneurs qui veulent avoir le statut d’entrepreneurs. Donc voilà globalement, et il y en a eu d’autres, j’ai eu cette chance de l’avoir cette expérience professionnelle et aussi entrepreneuriale très jeune et j’encourage tous les entrepreneurs, qu’ils peuvent saisir toutes ces occasions pour se former, pour se consolider, pour avoir vraiment les tripes d’aller au bout de ce qu’ils veulent, de juste le faire sans se poser trop de questions.

Corneille TOWENDO : Ben merci Babacar pour avoir plus que introduire ta personne, on connait un peu plus c’est qui la personnalité Babacar BIRANE, c’est qui l’un des Messieurs derrière Baobab Entrepreneurship et Concree et je suis très inspiré et je suis sûr que nos amis entrepreneurs et aspirants entrepreneurs sont en train de prendre note et aussi sont entrain d’être boosté par tout ce que tu viens de dire en terme d’introduction.

Alors idéalement comment est-ce que vous passez vos matinées Babacar BIRANE, vous vous levez, avec du sport, vous commencez à travailler directement, qu’est-ce que vous faites ?

Babacar BIRANE : J’ai honte de la réponse que je vais donner, juste une anecdote, quelques jours avant de quitter Grenoble définitivement pour rentrer au Sénégal et me mettre sur Concree, je me rappelle encre être assis entrain de défaire mes planning matinaux, me réveiller à 6h du matin, bien sûr faire ma prière, aller faire du sport, parler à de la famille etc… avant d’aller au boulot et je ne fais pas de sport, quand je me réveille. Et j’ai l’habitude de me réveiller en pleine nuit pour regarder ma tablette, si il y a des mails qui sont tombés entre temps, ce n’est pas bon, ce n’est vraiment pas bon pour la sante mais je ne peux juste pas m’empêcher de le faire et justement je travaille sur ça pour l’améliorer mais mes matinées se passent plutôt comme ça et je me dis chaque fois en me couchant, demain je fais le sport mais non je fais pas le sport, je regarde juste mes mails, je bois un café, et je fais mes prières bien sûr et ensuite je pars au bureau.

Corneille TOWENDO : Ben je crois que toi et moi, on a beaucoup de similarités parce que même moi qui pose a tout le monde cette question est ce que vous faites du sport les matins, je n’en fais pas, pour l’instant mais je compte chaque matin aller m’inscrire a une salle de sport qui n’est pas loin de chez moi. Pourtant il y a deux salles de sport pas loin de chez moi donc il faut vraiment qu’on aille, qu’on fasse le sport là, pour notre santé et aussi comme toi j’ai l’habitude de vérifier mes mails tout le temps, parfois je dors avec mon iPhone à quelques centimètres de ma tête, ce qui n’est pas bon aussi avec le wifi allumé toute la nuit. Donc quelque chose aussi que je compte faire, c’est commencer à éteindre le Wifi la nuit et aussi à charger mon téléphone à cinq mètres de moi pour ne pas avoir à le manipuler à 1h du matin, à 3h du matin, à 5h du matin parce que tout le temps on me dit, tu es tout le temps en ligne, es-ce que tu vois ? Donc je crois qu’il faut qu’on essaye de se détacher un peu de cette technologie durant la nuit pour pouvoir

 

Babacar BIRANE : Bien dormir et être en forme pendant la journée, c’est comme ça que tu peux être créatif

 

Corneille TOWENDO : Exactement. Alors Babacar BIRANE, qu’est-ce que tu considérerais comme étant la plus grande force en tant qu’entrepreneur ?

Babacar BIRANE : Je pense ma plus grande force en tant qu’entrepreneur, c’est un peu aussi ma faiblesse. C’est que je suis naïf et je pense que tout entrepreneur doit avoir cette part de naïveté dans ce qu’il fait, ça m’empêche de ne pas m’entêter, de ne pas dire qu’il faut que je connaisse toutes les réponses avant justement de pouvoir me lancer. Et je suis très naïf et je cultive cette naïveté et je n’essaye pas de me dire que c’est une mauvaise chose. Je la cultive, et je m’en sers et c’est comme ça que je me suis réveillé un bon jour, laisser tout ce que j’avais en France et je suis rentré au Sénégal alors qu’il n’y avait rien. Donc cette part de naïveté m’a conduit, il y avait beaucoup d’inconnus mais tu as la vision et tu te dis que ça va se faire et si ça ne se fait pas ce sera toute façon, une leçon. Donc voilà, en plus de cela, je suis quelqu’un de très déterminé, quand je choisis de faire quelque chose j’essaye vraiment d’aller jusqu’au bout et je crois beaucoup à l’aspect collaboration, et je crois beaucoup aux hommes, je ne suis pas quelqu’un exceptionnel, je ne suis pas le plus intelligent de tout ceux avec qui je travaille, je n’ai pas toutes les compétences qu’il faut mais je crois à l’aspect collaboration, à l’aspect mettre en réseau des personnes qui ont des compétences différentes, et pour travailler ensemble dans un seul but……. une vision partagée entre toutes ces personnes. Donc c’est ce que je considère être la somme des choses qui font un peu ma force.

Corneille TOWENDO : Et qu’est-ce que tu considérerais comme étant la plus grande faiblesse en tant qu’entrepreneur à part la naïveté ?

Babacar BIRANE : Bah à part la naïveté, c’est un peu rejoindre la naïveté. Je suis quelqu’un d’imprudent, imprudent, je suis assez imprudent je peux me lancer dans une chose sans pour autant considérer tous les aspects de la chose et ce qui est grave est que je me sens super à l’aise avec ça, et je m’entête souvent avec certains de mes associés sur cet aspect et c’est ce qui est bien c’est pourquoi je crois vraiment à l’aspect collaboration, parce que tu as des profils un peu plus analytiques, tu as des personnes, des profils un peu plus émotionnels, c’est un peu mon genre et donc on fonctionne beaucoup plus avec le cerveau droit c’est l’opposition entre le cerveau droit et le cerveau gauche et c’est bien d’avoir ces profils dans une équipe pour juste limiter la casse. Voila.

Corneille TOWENDO : Quel est ce projet présentement qui t’inspire et pousse à l’action, Babacar ?

Babacar BIRANE : Alors si on avait fait cet interview un an après, j’aurais dit Concree parce que ça venait justement de, c’était dans ses premiers balbutiements, la plateforme n’était pas encore là, enfin la plateforme était encore là mais ça n’avait pas encore commencé. Aujourd’hui, tout ça a bien avancé et ce que je considère aujourd’hui comme étant mon plus gros challenge personnel et ça je veux vraiment le partager avec beaucoup d’entrepreneurs, c’est comment faire pour que je devienne obsolète. Je vais m’expliquer, pour moi, l’entrepreneur est le sigle, le jour où il pourra quitter son entreprise, passer deux semaines, quatre semaines de vacances sans pour autant se soucier de quoi que ce soit, parce que justement il a tout fait, responsabiliser toutes les personnes qui sont dans son entreprise pour pouvoir justement gérer l’entreprise même sans lui et c’est justement ce qui aujourd’hui me passionne et c’est ce que j’essaye de jouer au sein en tout cas de l’équipe qui est présentement sur place et on avance, c’est assez challenging, mais on va y arriver et donc ça c’est comment devenir, c’est un peu trash comme phrase, comment faire de soi un acteur obsolète en entreprise. On ne réfléchit pas tous de cette manière mais c’est bien si tu veux vraiment garder la pérennité de son entreprise, il faut qu’aussi tu réfléchisses, il faut que tu vois comment est-ce que tu design ton équipe de telle sorte que même si tu n’es pas là demain, que ça puisse continuer.

Alors l’autre chose qui me passionne depuis quelques temps, notamment depuis mon retour de Nairobi ou j’ai eu l’occasion de participer au global entrepreneurship summit c’est que je me suis vraiment rendu compte que notre écosystème entrepreneuriale au Sénégal, n’est pas encore assez mature. Bien sûr il y a des incubateurs, bien sûr il y a des working spaces, des co working spaces, des plateformes comme Concree, il y a peut-être des investisseurs etc… mais il faut qu’on travaille à mieux maturer cet écosystème et à travailler sur une certaine marque écosystème entrepreneuriale du Sénégal et pouvoir attirer des organismes extérieurs ou soit des investisseurs, ou même des entrepreneurs ou des talents venant de la diaspora ou d’ailleurs et je me passionne beaucoup de ça parce que d’une part la réussite de Concree aussi dépends de la maturité des écosystèmes entrepreneuriale, des écosystèmes entrepreneuriaux africains ou même au-delà de l’Afrique plus principalement au Sénégal aujourd’hui. 
Donc ce sont un peu les grosses problématiques sur lesquelles je suis aujourd’hui et qui me passionnent comme toujours.

Corneille TOWENDO : Ben je vois déjà en Babacar un leader parce qu’il n’y a qu’un leader qui peut penser à  comment est-ce que je peux quitter mon entreprise et voir mon entreprise en mode auto pilote, voir les gens que j’ai laissé au sein de mon entreprise pouvoir gérer mon entreprise sans pour autant que je sois là durant un mois, six mois, un an même, que la compagnie tourne à plein régime sans pour autant que le leader soit là physiquement. Je crois que c’est un peu ça, Babacar ?

Babacar BIRANE : C’est un peu ça, après je n’aime pas trop qu’on me dise que je suis un leader même si ça peut bien sûr l’être et si c’est le cas je m’en réjouis et je travaille tous les jours pour en tout cas être mieux et apporter plus de valeurs aux personnes qui m’entourent. Donc c’est ça en fait c’est vraiment, que les choses ne soient pas concentrées entre tes mains parce que si ça se passe comme ça c’est la catastrophe le jour où tu ne seras pas là. Que tu sois la personne la plus indispensable dans l’entreprise, que tu sois une des personnes et c’est le cas aujourd’hui, je ne suis pas la seule personne indispensable dans l’entreprise, tu dois tout le temps veiller à ça même si tu es un manager dans une boîte comme Orange par exemple ou dans un groupe comme Sedima ou un haut manager, tu dois aussi veiller à ce que le jour où tu ne seras pas là, que tout continue de tourner sans toi. Donc c’était la leçon que je voulais juste faire passer à travers ça.

Corneille TOWENDO : Ben je suis sûr que beaucoup d’entrepreneurs et d’aspirants entrepreneurs sont entrain de trouver beaucoup d’inspirations dans ces mots comme je suis en train d’en trouver.
Alors on va attaquer une des parties que je trouve très intéressante dans nos interviews et c’est, racontes-nous l’histoire de ce que tu considères comme étant ton pire moment en tant qu’entrepreneur? Babacar

Babacar BIRANE : Je ne dirais pas pire moment, je dirais qu’il y a eu des moments difficiles, principalement deux moments. Le premier c’est entre le moment où j’ai décidé de ne pas poursuivre les opportunités que j’avais à Airbus et de rentrer au Sénégal, les mains vides et sans pour autant que rien ne se fasse et que le projet était encore à l’étape de projet. Naturellement, les parents s’opposent à cette décision et quasiment tout le monde s’oppose à cette décision. Puis celle que je considère comme être ma fiancée et je l’ai également laissé en France, on est toujours ensemble mais c’était aussi compliqué de pouvoir se séparer d’elle. Donc il y a eu énormément de sacrifices, donc énormément de personnes qui voulant mon bien, bien sûr, voulait m’éviter de prendre ce risque. Donc c’était très compliqué de les convaincre, je me rappelle un soir, c’est l’image qui me vient en tête, j’étais à la Défense à Paris, je m’apprêtais à rentrer au Sénégal donc on était à Paris pour rencontrer les partenaires, l’ambassade, l’AFD et etc… Donc je me rappelle avoir eu cette conversation téléphonique avec ma mère, si je pense on avait une conversation quasiment tous les jours des dernières semaines avant que je ne vienne et je me rappelle quelques jours avant, l’avoir convaincu que je veux rentrer et qu’elle avait commencé à me soutenir et ce soir-là elle avait à peu près, elle avait vraiment changé de position et j’ai compris que des personnes autour d’elle sont également en train de la conseiller pour lui dire il faut pas qu’il fasse cette erreur et moi j’étais déterminer, je voulais faire cette erreur entre guillemets. Donc je lui ai expliqué, je lui ai dit que je peux rester en France et faire quelque chose et ne pas être heureux dans ce que je fais parce que vous vous voulez que je fasse ce que vous voulez alors que moi je ne suis pas en train de faire ce que je veux, c’est de rentrer au Sénégal, c’est de juste apporter de la valeur à des personnes qui se cherchent, qui veulent créer leur entreprise et moi aussi passer par là et créer mon entreprise et gagner mon argent. Ce ne sera pas, je ne gagnerais pas d’argent comme si j’étais à Airbus, ça prendra du temps certes mais il faut être patient. Donc j’ai continué dans cette démarche de communication avec mes parents et avec d’autres personnes avec ma fiancée etc… Et j’ai eu un oncle qui est serial entrepreneur, qui est fait vraiment from scratch et d’ailleurs c’est lui qui m’avait aidé à aller en France pour que quand je réussisse, j’aide mes parents, et lui aussi il voulait que je reste en France mais tout d’un coup, il a changé de position. Il m’a mis dans les bonnes conditions pour que je rentre et que je commence mon activité, quelques temps après il m’a dit en tant qu’entrepreneur je ne peux pas voir un jeune, de surcroît mon neveu qui croit en lui, qui croit en ce qu’il veut faire et ne juste pas l’aider et c’est comme ça qu’il m’a soutenu et qu’il m’a défendu auprès de mes parents, auprès de toutes ces personnes pour que je puisse être là. Donc c’était assez difficile parce que je n’ose pas prendre le contre-pied de mes parents et pourtant je l’ai fait parce que j’étais déterminé j’étais convaincu et c’est justement ça qui était difficile et j’ai pu le faire.

La deuxième chose, la deuxième période difficile donc comme tu l’as compris, j’ai été le premier à descendre sur le terrain, à être vraiment seul sur le terrain bien sûr mes collègues qui étaient encore en France, bon deux de mes collègues qui sont maintenant ici, étaient encore en France, y en a aussi qui sont encore en France, contribuaient aussi dans la réflexion et tout ça. Mais sur le terrain c’était très difficile, il y avait vraiment une certaine traversée du désert et je la faisais, je n’ai pas beaucoup partagé ce que je vivais, c’était assez compliqué, j’ai eu énormément de moments où j’ai douté de moi, énormément de moments où je me suis dit qu’est-ce que je suis en train de faire, énormément de moments où je me suis dit et si j’avais tort qu’est ce qui va se passer, donc c’était vraiment compliqué. Mais au fur et à mesure que tu avances, au fur et à mesure que les choses se fassent, voilà que tu fasses même de petites réalisations, il y a des personnes qui t’encouragent, qui te disent vas-y continues et c’est ça qui m’a donné aujourd’hui le courage d’avance et de continuer avec mes associés qu’ils soient en France au ici, de vraiment matérialiser tout ça et vraiment aujourd’hui, c’est une histoire derrière nous. On a commencé nos activités, on commence à gagner un peu d’argent, voilà, à se donner de petites compensations, et ça c’est vraiment parti de rien, c’est vraiment parti de rien et ce n’était pas facile. 

Corneille TOWENDO : Ben j’espère que chers entrepreneurs et aspirants entrepreneurs qui nous écoutez, vous vous êtes en train de soit vous retrouver dans les mots de Babacar BIRANE ou vous êtes en train d’être boosté en termes d’inspirations et de motivations et que vous êtes en train de prendre notre note pour peut-être ces événements qui vont vous arriver très bientôt dans votre vie. Je parle certainement à tous nos frères africains qui sont en Occident et qui cherchent à revenir et ont cette pression familiale qui leur dit « Non! Ne revenez pas et tout » donc j’espère que vous êtes en train de prendre inspirations dans ce que Babacar BIRANE vient de partager avec nous. Alors Babacar, racontez à quel moment et comment vous êtes venue cette étincelle cette idée de génie je dirais sur laquelle vous avez bâti Baobab entrepreneurship et Concree.

Babacar BIRANE : Alors cette idée fondatrice de Baobab entrepreneurship m’est un peu venue de toutes les personnes aujourd’hui qui ont œuvré à sa réalisation mais c’est parti quand même d’une expérience personnelle que j’ai eue en Master, entre Master 1 et Master 2, j’ai voulu commencer à travailler sur mon premier projet entrepreneurial au Sénégal, étant en France. Je voulais qu’après mon diplôme que je sois opérationnel et que je rentre avec un projet qui peut, c’était dans le domaine du E-commerce. Comme vous le savez, j’ai plutôt un profil management et il me manquait un profil technique pour développer la plate-forme et c’était un autre profil ….. mais je savais déjà faire de la …….  Mais il me fallait vraiment un profil technique. Et ce qui est très paradoxal c’est qu’autour de moi il y avait beaucoup de techniciens, de développeurs, il y en avait vraiment beaucoup, par contre le facteur manquant c’était que ces personnes n’étaient pas encore prêtes à entreprendre au même moment que moi et avaient d’autres orientations professionnelles et aussi je voulais vraiment savoir où trouver les chiffres, savoir des choses sur l’écosystème au Sénégal, notamment dans le e-commerce et aussi savoir quelles sont les possibilités de financement, mais de là ou j’étais, j’avais peu de données qui me permettaient d’avoir ces informations, et j’avais besoin de ces conseils mais je ne les avais pas et je me suis posé, j’ai fini par laisser ce projet de e-commerce et un jour je me suis posé et je me suis dit non il ne faut pas que ça se passe comme ça, il ne faut pas que je débute et que j’arrête même ce n’est pas ce projet de e-commerce, il y a un besoin qui est là, et qui est à régler. Et je me suis dit au moment où je voulais le lancer certainement quelque part dans le monde, ou au Sénégal ou dans la Diaspora, il y avait un gars au même moment que moi qui avait ce profil dont j’ai besoin et qui voulait entreprendre et qui voulait quelque part rencontrer ce profil business que je suis. Et il y a aussi des personnes qui ont la connaissance à me donner sur ce que je voulais savoir dans l’écosystème e-commerce au Sénégal et il y a forcément des structures de financement qui peuvent m’aider à démarrer mon entreprise. Par contre ces personnes sont éparpillées, ils sont dispersés et il faut quelque chose pour les relier donc la problématique c’était de relier ces personnes et c’est là où est parti le projet de s’appuyer sur le digital, sur internet et sur la technologie pour connecter ces personnes et leur donner l’espace qu’il faut pour créer leur entreprise. Donc c’est d’où est venue l’idée de faire cette plateforme à l’époque on l’appelait le projet Baobab et c’était initialement destiné à la diaspora qui veut créer, mais au fur et à mesure que tu avances, tu te rends compte de plusieurs opportunités et tu ajustes le projet et c’est comme ça qu’aujourd’hui, on en est à faire Concree dans son état actuel.

Corneille TOWENDO : Ben je suis très ravi de ce développement qui nous permet de connaître un peu plus quelles sont ou quelles ont été les motivations derrière la création de Concree et merci pour ce développement.

Et Babacar BIRANE qu’est-ce qui vous a retenu durant longtemps, durant un bon moment et qui vous empêchait de devenir entrepreneur ?

Babacar BIRANE : Ben comme je l’ai dit, je suis devenu entrepreneur naturellement à l’âge de 14 ans, sans pour autant savoir que je faisais de l’entreprenariat. Donc j’achetais des CD que je revendais soit vierge, soit en gravant des choses dessus. Mais au fur et à mesure que j’avançais, je découvrais en moi cette capacité de m’engager dans les associations, de mener des projets au sein de ces associations etc. et ce qui m’a vraiment, il n’y a pas réellement quelque chose qui m’a empêché de me lancer à temps plein en tant qu’entrepreneur sauf , la seule chose qui je pense m’a empêché de me lancer avant ben c’était mes études, parce que ben il faut finir les études , parce que les parents ont investi dessus et de temps en temps, je me retrouve à me dire mais à quoi m’a vraiment servi l’école, l’université, etc. Parce que moi j’ai quasiment tout appris de l’extérieur, mais quand même l’université, l’école t’aide vraiment à structurer la manière dont tu penses les choses, la manière dont tu exécutes les choses, donc c’est quelque chose de très important. Mais voilà, à part finir mes études, il n’y a rien qui m’a empêché de devenir un entrepreneur et d’ailleurs dès que j’ai fini mes études.

Corneille TOWENDO : Tu t’es lancé dans l’entrepreneuriat. Merci pour ça. Et quel est ce conseil que tu as reçu en tant qu’entrepreneur et que tu aimerais partager avec notre audience ?

Babacar BIRANE : Alors je dirais Steeve Jobs « The commencement speech » qu’il a fait à Stanford, donc ce discours très célèbre connu par tous. Donc il y a une phrase qui n’arrêtait pas de me venir à l’esprit au moment où j’ai décidé de laisser les opportunités que j’avais pour rentrer au Sénégal cette phrase c’est, je sais plus si c’est exactement comme ça mais, Steeve Jobs disait que ‘chaque matin il se mettait devant son miroir et il se regardait et il se disait si demain c’est le dernier jour de ma vie, est-ce que j’aurais aimé faire ce que je suis en train de faire aujourd’hui’ et je me disais si demain c’est la fin de ma vie, j’aurais pas aimer ne pas contribuer au développement de l’entrepreneuriat que ce soit au Sénégal ou en Afrique, j’aurais pas aimer ne pas le faire parce que je suis ici aujourd’hui en train de profiter de l’opportunité, c’est une excellente opportunité d’être à Airbus ou d’être dans une autre entreprise en France ou aux Etats-Unis ou ailleurs mais ce qui est significatif pour moi, ce qu’il y a vraiment de la valeur pour ma vie, c’était de contribuer au développement de l’entreprenariat. Et c’est vraiment cette phrase de Steeve Jobs qui m’a vraiment aidée, qui me revenait tout le temps en tête, qui m’a vraiment aider à avoir donner le courage et les tripes d’aller au bout, au fond de ce que je voulais faire et si ça peut servir à des aspirants entrepreneurs ou à des cadres en entreprise qui veulent aussi se lancer, pourquoi pas, et je vous invite à regarder tout ce discours c’est juste un cadeau pour tout entrepreneur.

Corneille TOWENDO : Euh Merci pour ça tu viens de me rappeler que j’ai regardé ce speech de Steeve Jobs et je me rappelle avoir pris quelque chose d’intéressant dans ce qu’il disait c’est de ne pas être dans cette prison en train de vivre la vie de quelqu’un d’autre donc il disait vraiment de trouver sa passion et de survivre sa passion

Babacar BIRANE : Et de suivre son cœur.

Corneille TOWENDO : Donc je me rappelle de cela, allez sur Google, allez sur YouTube et cherchez « The commencement speech »

 

Babacar BIRANE : « The commencement speech » de Stanford je crois que c’etait en 2009, excellent speech.  

 

Corneille TOWENDO : Et partage avec nos auditeurs une habitude ou une attitude qui contribue au succès que tu as, aujourd’hui.

Babacar BIRANE : En tout cas des outils qui me permettent de bien m’organiser, j’essaye tout le temps, pour chaque mois d’avoir un objectif global souvent et ensuite d’avoir des sous-objectifs et de savoir quelle personne, avec quelle personne je dois travailler pour arriver au bout de ces objectifs et aussi descendre encore plus bas pour avoir toutes les actions à faire donc les ‘To do’ pour pouvoir exécuter ce projet, ce projet à bien et ça me permet de manière, à vue d’aigle, de savoir chaque mois qu’est-ce que j’ai pu réaliser, qu’est-ce que je n’ai pas pu réaliser, pourquoi je n’ai pas pu le réaliser ensuite de pouvoir m’améliorer comme ça. J’ai énormément de travail à faire côté organisation et je ne suis pas encore parfait sur ça, mais je fais beaucoup d’efforts, je me fais beaucoup aider par mes collaborateurs notamment……. Qui est notre webdesigner, je lui fais en même temps un clin d’œil, également à … et Ibrahima Mall qui fait un travail juste phénoménal pour nous et du coup pour les ‘To do’ j’utilise beaucoup anydo, c’est une application mobile qui permet juste de mettre des ‘To do’ et de mettre des dates dessus, c’est assez simple et assez intuitif et je l’utilise. J’utilise également beaucoup Google Drive avec mes collaborateurs dans toute notre production de contenu. Bon après le téléphone, ca dépends du crédit que tu as, sinon tu envoies des rappels moi ou des Sms.

Corneille TOWENDO : Ben chers amis entrepreneurs et aspirants entrepreneurs qui nous écoutez, j’espère que vous êtes en train de prendre note et aussi toutes ces ressources dont Babacar BIRANE a parlées, seront disponibles sur la page qui sera dédiée à Babacar BIRANE, qui sera disponible sur entrepreneur en action. Alors Babacar, quel livre recommanderais-tu à nos auditeurs pour les pousser à l’entreprenariat ou soit à les pousser à l’action ?

Babacar BIRANE : Alors dernièrement, j’ai mangé beaucoup de livres on va dire entre guillemets technique sur l’entrepreneuriat. Tout ce qui est Startup, businessman……. Tout ce qui est développement par la clientèle, je n’ai pas beaucoup lu de roman qui te marque et qui te pousse réellement à l’action mais plus de livres techniques et il y a un de ces livres techniques que j’ai cité d’ailleurs qui est Business moderation, je suis tombé dessus un jour à la bibliothèque de l’université de Grenoble et j’ai découvert le business model canevas dans ce livre et ça a vraiment changé la manière dont je voyais l’entreprenariat. Une chose qui peut être très étonnante c’est que la première fois que j’ai fait un cours sur l’entrepreneuriat à l’université de Grenoble, c’était ma troisième année, j’ai détesté, j’ai détesté le cours, je voulais juste que ça se termine parce que pour moi c’était assez théorique, des études de marché par ci des enquêtes de marché, un business plan à rédiger etc. Ça ne me correspondait pas et quand je suis tombé sur le business model canevas, ce n’est pas le business model ou le livre business model generation qui m’a tant marqué, c’est la simplicité de ces outils et la capacité de ces outils à te pousser à aller sur le terrain, à expérimenter ce que tu veux faire. Donc tu sors de cette situation où tu te dis ok j’ai mon idée maintenant je vais faire mes plans sur des années, faire mon business plan, c’est théorique et ça ne t’aide pas. Il faut que les entrepreneurs l’entendent, ça ne vous aide pas à partir de l’idée de travailler sur un business plan. Ça vous prend énormément de temps, énormément d’énergie pour quelque chose qui change tout le temps tout le temps. Donc être tombé sur ce livre business model Generation, et sur son auteur Alexander Osterwalder, m’a vraiment marqué et j’ai persistée sur cette direction et l’année dernière j’ai eu la chance c’était en Novembre passé, j’ai eu la chance d’être le lead organisateur de la cérémonie de lancement du second livre qui « Value proposition design », je l’ai fait à Dakar, j’étais le lead organisateur et à la fin de l’année en Décembre, on a tous , on était quarante dans le monde et on a tous reçu cette newsletter dans laquelle il parlait du succès qu’ils ont eu, ils sont devenus numéro un de vente sur Amazon en l’espace d’une semaine et le livre est devenu best-seller et dans la newsletter justement il disait que le livre a été célébré from Tokyo to vibrant Dakar et là, j’ai eu vraiment un sentiment de, je me suis dit que je commence vraiment à être utile à mon écosystème, et a vraiment contribué à l’image de cet écosystème à Dakar ou au Sénégal, il y a encore, beaucoup, il faut pas se leurrer, il y a encore énormément de choses à faire, mais en tout cas ces choses sont en marche et que ça soit moi ou d’autres acteurs qui font beaucoup plus de choses que moi, vous pouvez les rencontrer dans les incubateurs et ailleurs, et on contribue à tout ça. Donc je me perds la, mais le livre que je voulais vraiment communiquer, qui m’a vraiment marqué c’est le « Business model Generation ». J’en connais d’autres et comme on a la chance d’avoir une page sur Entrepreneurenaction.com, je me ferais un énorme plaisir de faire une liste de livres qui m’ont marqués. 

Corneille TOWENDO : Merci Babacar BIRANE et tu viens de rappeler un interview que j’ai eu avec Oumar YAM de OuiCarry. Je ne sais pas si tu vois ?

Babacar BIRANE : Oui un excellent entrepreneur

Corneille TOWENDO : Oui, un excellent entrepreneur lui aussi, qui me disait, qu’il a passé neuf mois à travailler si un business plan pour se rendre compte à la fin ça ne servait à rien. Très intéressant.

Alors pour terminer Babacar BIRANE, merci de donner quelques conseils à la jeunesse africaine toute entièrement non pas sénégalaise seulement mais à la jeunesse africaine toute entière pour soit les pousser à l’entreprenariat ou tout simplement à les pousser à l’action dans leur vie.

Babacar BIRANE : Je vais revenir rapidement sur certaines choses que j’ai dites, donc la naïveté. Ne soyez pas complètement naïf mais ayez quand même cette touche de naïveté c’est ça qui fait que les enfants quand on les observe, tout pour eux est possible, le monde, tout est possible et au fur et à mesure qu’on grandit, on se fait canaliser par le système éducatif à tort et à raison. Gardez cette touche de naïveté en vous ça vous permettra d’explorer le champ des possibles, ça vous permettra d’innover et aussi suivez votre cœur. Votre cœur sait ce que vous voulez faire, suivez votre cœur et ayez les tripes d’aller jusqu’au bout et ne vous dites pas, considérer l’échec comme de l’apprentissage. Ce n’est pas une fin en soi, l’échec et bien sûr nos cultures condamne l’échec, dramatise l’échec et tout ça mais il faut aller au-delà, il faut le considérer comme un moyen d’apprendre tout simplement et d’avancer. C’est vraiment des leçons que je veux partager avec ces entrepreneurs.

Corneille TOWENDO : Merci Babacar pour cette inspiration, cette motivation qui me sert beaucoup à l’instant et aussi je suis sûr est en train de servir à beaucoup de personnes qui nous écoutent et pour terminer comment est-ce que nos auditeurs peuvent enfin vous contacter ou contacter Baobab entrepreneurship ou contacter Concree ?

Babacar BIRANE : Alors Concree est quelque chose d’accessible à tout le monde, vous pouvez y avoir accès faire tout ce que vous voulez, créer votre compte, créer votre projet, travailler sur votre projet avec vos collaborateurs et vous avez tout le temps la possibilité de nous contacter directement à partir de la plate-forme, il y a un bouton contact quelque part et personnellement je suis très joignable, tous mes collaborateurs donnent cette, c’est un peu notre culture, c’est vraiment être à proximité des entrepreneurs. Donc moi, mon adresse e-mail c’est babacar.birane@concree.com toutes nos adresses emails c’est prenom.nom@concree.com Donc on est vraiment très joignable, donc n’hésitez pas, ne soyez pas timides, nous sommes là pour vous, donc voilà ce que je voulais dire.

Corneille TOWENDO : Et ben je vais juste apporter une petite contribution comme Babacar BIRANE l’a dit, il est très très très joignable. Je l’ai rencontré à un événement, il n’y a pas longtemps et comparé à beaucoup d’autres entrepreneurs avec qui j’ai discuté avant lui. Il s’est mis disponible en 48 heures pour qu’on puisse enregistrer cette interview et partager cette inspiration qu’il a, et cette motivation avec tous nos entrepreneurs et aspirants entrepreneurs qui nous écoutent.

 

Alors merci Babacar BIRANE d’avoir partagé avec nous tes expériences, tes inspirations et cette motivation, Dieu te bénisse pour cela et à très bientôt.

Babacar BIRANE : A très bientôt et amusez-vous.

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By | 2017-04-04T12:19:52+00:00 septembre 10th, 2015|100-Audio-Podcast, Podcasts-EEAction|